POLÉMIQUES AUTOUR DES CÉSARS

À quelques jours des César – le 28 février en clair sur Canal + – la polémique a rebondi avec une pétition qui critique le fonctionnement de l’Académie et un système jugé « élitiste et fermé« .

On savait que les douze nominations du J’accuse, de Roman Polanski pour la prochaine cérémonie des César provoquerait des réactions vives. Personne ne convaincra personne dans ce débat et on verra, le moment venu, si le film -qui est un vrai succès au demeurant- souffre de ces attaques et si tous ceux qui ont bossé sur le film fort font les frais de l’image négative du réalisateur. Mais la polémique prend un tour plus important depuis la parution  d’une pétition il y a deux jours et qui remet en question le fonctionnement de la gouvernance de l’Association pour la promotion du cinéma qui gère l’Académie des César, demandant une « refonte en profondeur » du système. Des acteurs aussi différents que Omar Sy, Virginie Efira, Gilles Lellouche, Karin Viard; des réalisateurs tels que Bertrand Bonello, Robert Guédiguian, Céline Sciamma, Eric Toledano, Bertrand Tavernier,  Olivier Nakache ou encore Michel Hazanavicius; des producteurs comme Marie-Ange Luciani, Eric et Nicolas Altmayer… tous affirment que les 4 700 membres de l’Académie n’ont « aucune voix au chapitre, ni dans les fonctionnements de l’Académie et de l’Association, ni dans le déroulé de la cérémonie. Et la pétition dénonce aussi l’opacité de la gestion des comptes de l’Académie. Allant plus loin, les signataires de la pétition soulignent encore  que, parmi les 47 membres, certains auraient été « cooptés à vie » il y a plus de deux décennies !

Bref, il y a de la tension dans l’air et les artistes engagés dans ce nouveau combat se demandent bien pourquoi  les membres de l’Académie ne peuvent pas voter pour élire leurs représentants comme cela ce passe aux Bafta (l’équivalent anglais de nos César) ou aux Oscars.

Pour l’instant, l’Académie, présidée par Alain Terzian (ci-contre), a « pris acte des critiques« , évoqué la mise en place de mesures de modernisation, notamment la mise en œuvre de la parité au sein de ses membres et du collège des votants avant d’ajouter qu’elle appelait à « un apaisement afin que ne soit pas mis en danger le bon déroulement de la 45ème cérémonie des César ». En outre, un médiateur devrait être nommé, via le CNC, mais « après la cérémonie« .

On verra vite si les annonces suffisent à calmer les troupes. Dès le 13 février, dans les colonnes du Parisien, Ariane Ascaride, une des signataires, réagissait en ces termes  : « Il y a ces mots que j’entends souvent : « Il faut laisser la place aux femmes. » Moi, je n’ai pas du tout envie qu’on laisse leur place aux femmes ! j’ai surtout envie que les femmes prennent leur place. Il était temps de soulever la question de la représentation des femmes à l’intérieur du cinéma français que ces messieurs le veuillent ou non. D’autant que lorsque ce sont les femmes qui parlent, il y a toujours cette espèce de légère ironie pour dire : « Elles sont un peu hystériques… » Alors que non. Si les femmes n’étaient pas dans le cinéma, ça ne marcherait pas si bien que ça ! »

Qui dit cérémonie en direct, signifie des propos libres. La prochaine soirée des César pourrait bien nous faire vivre quelques séquences inédites et des déclarations musclées… Il n’est pas sûr que la bande-annonce  très réussie de l’évènement où Florence Foresti, présetatrice de la cérémonie, pastiche la scène de fin du film Perfect, avec John Travolta, suffise à faire oublier, d’ici là, une tension vraiment palpable…

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