THE LIGHTHOUSE, de Robert Eggers – 1h50
Avec Willem Dafoe et Robert Pattinson
Sortie : mercredi 18 décembre 2019
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
L’histoire hypnotique et hallucinatoire de deux gardiens de phare sur une île mystérieuse et reculée de Nouvelle-Angleterre dans les années 1890.
3 raisons d’aller voir ce film ?
Une plongée dans un univers plus que glauque. À travers le portrait de ces deux hommes perdus en mer, deux homme de génération très différente, Robert Eggers signe un voyage au bout de la folie dans cet ilot perdu au milieu d’une météo démente. Entre l’alcool frelaté qui dérègle les sens; une mouette massacrée par un gardien perdant soudain la raison; des hurlements; des bris de meubles ou encore des chants de marins hallucinés, le film poursuit l’exploration des noirceurs de l’âme chère au réalisateur de The Witch. Là, on se situe en droite ligne des écrits d’un Edgar Poë ou d’un Lovecraft quand on ne sait plus si l’on vit un cauchemar éveillé ou si l’on fait un cauchemar.
Une mise en scène frappante. Robert Eggers fait ici une utilisation subtile du noir et blanc qui magnifie ce décor battu par les vents et l’intérieur délabré de ce phare en forme de tombeau. Tourné en 35 mm dans des décors naturels et avec du matériel datant des années 40, The Lighthouse est, formellement, un hommage aux grandes heures du cinéma expressionniste allemand. Sans pour autant miser sur la copie pure et simple. Ainsi, jouant aussi bien sur les références mythologiques que sur les récits de fantômes et les légendes de la mer, le scénario est original et en sombre à souhait.
ÉUn duo exceptionnel d’acteurs. On savait Willem Dafoe capable d’exprimer toutes les dérives intérieures, toutes les blessures : une fois encore, il est parfait dans la peau de ce vieux gardien autoritaire, dévoré de solitude et par l’alcool. Quant à Robert Pattinson, il montre ici ses capacités à se remettre en question, à oser des personnages extrêmes en campant ce jeune bleu qui va, petit-à-petit, être contaminé par la folie quotidienne de l’ancien…
Au final, ce récit de cauchemar est très prenant et ce trip halluciné ne peut laisser indifférent.
