APRÈS LA NUIT, de Marius Olteanu – 1h50
Avec Judith State, Cristian Popa, Alexandru Potocean
Sortie : mercredi 18 décembre 2019
Mon avis : 2 sur 5
Le pitch ?
Dana et Arthur, la quarantaine, sont mariés depuis près de dix ans. Mais quelque chose s’est fissuré, à cause de leurs besoins, de leurs croyances, de ce que la vie leur offre, de leurs
démons intimes. Un jour, ils devront décider si laisser partir l’autre n’est finalement pas la plus grande des preuves d’amour.
Et alors ?
Après la nuit évoque des errances sentimentales et des compromis que vous impose l’amour et ses détours. Assez logiquement, le film évoque aussi l’usure du temps et la manière dont les années viennent altérer le sentiment initial. Avec, pour Marius Olteanu, une référence à sa Roumanie natale – il est né le 15 juillet 1979 à Bucarest – comme il le souligne : « A mesure qu’une certaine liberté économique voit le jour en Roumanie, je trouve qu’il devient de plus en plus compliqué d’être avec quelqu’un ; la pression liée à l’injonction de rendre l’autre heureux – mais aussi tout l’entourage du couple – est écrasante et conduit à de permanentes concessions.Le film parle aussi des apparences qu’on essaie de sauver, l’apparence de l’amour derrière laquelle peuvent surgir des monstres. »
Les discussions qui ont suivi les projection de son court-métrage Score Nul, réalisé en 2015 et dont le scénario était très proche de la première partie d’Après la nuit, ont donné envie à Marius Olteanu de prolonger l’histoire. Pour la nourrir, il a réalisé des entretiens – individuels- avec des hommes et des femmes mariés depuis longtemps. Il ajoute : « Leurs histoires étaient passionnantes, d’autant qu’ils se sont livrés sans fausse pudeur. J’ai d’ailleurs utilisé dans le film certains passages qu’ils m’ont confiés – comme l’histoire d’amour d’Alex avec un homme marié, qu’il raconte à Arthur pendant leur rencontre qui est une histoire vraie. »
Si le film est très bien joué, et offre quelques moments inattendus – la discussion très tendue sur la maternité avec la grand-mère de Arthur- ce parcours sur la Carte du Tendre manque souvent de rythme et on peut se demander si un tel sujet ne serait pas plus « servi » par un vrai documentaire. Mais, sans doute, en Roumanie, certains thèmes abordés – celui de l’homosexualité notamment qui reste « honteuse » – ont une résonance beaucoup plus fortes qu’en France. Le cinéaste d’ajouter : « Je me souviens que pour la scène du baptême, quelqu’un de l’équipe avait suggéré d’envoyer un email à tous les gens qui allaient être dans cette séquence afin qu’ils sachent que le film avait une “dimension” homosexuelle. Cette idée a suscité un débat virulent, fallait-il ou pas en parler. «
L’histoire est touchante certes, mais la réalisation ne parvient pas vraiment à décoller malgré quelques séquences isolées plus justes.


