LES FANTAISIES DE VALÉRIE DONZELLI

Cinquième long métrage de Valérie Donzelli, Notre Dame (sur les écrans le 18 décembre) est un fantaisie où le goût du burlesque de la réalisatrice.

Hasard de l’actualité : en plein montage de Notre Dame, Notre-Dame de Paris a  vécu le terrible incendie que l’on sait et n’a dû sa survie qu’au courage d’une poignée de pompiers. Un coup du sort symbolique qui revient à l’esprit à l’heure où cette comédie va sortir. Retrouvant un matériel autobiographique qui est le sien – elle s’inspire de ses amours, ses amis, ses enfants, ses emmerdes – Valérie Donzelli signe ici une comédie où le burlesque le dispute à la fantaisie.

Le pitch ?  Née dans les Vosges mais vivant à Paris, Maud Crayon est  architecte, mère de deux enfants. Sur un énorme malentendu, elle remporte le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame… Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon ne peut vivre qu’une tempête…

Au départ, l’histoire collait plus encore au parcours de Valérie Donzelli qui raconte : « J’ai écrit un premier scénario, « Taille de guêpe », qui suivait le cheminement d’une réalisatrice. Trop proche de moi, la distance entre autobiographie et fiction n‘était pas bonne. J’ai finalement enlevé le cinéma que j’ai remplacé par l’architecture. Ces métiers ont des points communs – mener un projet à terme avec un budget à respecter, courir le risque de voir son œuvre décriée… En donnant cette profession à mon héroïne, je m’accordais la permission de parler de ce que je vivais sans que cela soit complètement collé à ma propre expérience ».

Avec cette comédie dans un Paris aussi burlesque que chaotique, la réalisatrice signe aussi une lettre d’amour à sa ville d’adoption. « J’avais envie de me réconcilier avec, de lui faire du bien. Elle a été très malmenée depuis les attentats de 2015, c’est comme si on était désormais dans un état de chaos permanent. Toutes les cinq minutes, on entend maintenant se déclencher les sirènes de police. Alors, oui, lui rendre un peu de sa beauté, mais sans occulter sa violence » souligne t-elle.

En se jouant du thème d’un échec lié à l’architecture, Valérie Donzelli donne, on le mesure,  libre cours  à son penchant pour les univers décalés et une fantaisie. débridée.

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