Un peu disparu des écrans, Edward Norton fait son retour avec Brooklyn Affairs, sur les écrans le 4 décembre. Un film noir et une plongée dans le New York des années 50..
Brooklyn Affairs offre un récit à tiroirs. L’action se passe dans le New York des années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu’aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l’homme le plus redoutable de la ville pour sauver l’honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…
Après Au nom d’Anna sortie en 2000, Edward Norton passe pour la deuxième fois derrière la caméra avec l’adaptation d’un polar des années 90 qu’il a beaucoup retouché. Inspiré de Motherless Brooklyn, signé Jonathan Lethem, l’histoire a donc été transposée dans les années 1950. « C’est une période au cours de laquelle les choses changeaient, justifie le réalisateur. On associe souvent New York à une ville libérale, progressive et cosmopolite. Mais dans les années 50, il y avait énormément d’anti-démocratie, de racisme, ce qui a eu un important impact sur le reste du siècle, jusqu’à aujourd’hui. Et je crois que choisir cette période m’a permis d’évoquer ce qui se passe aujourd’hui sans en parler directement. »

Montrant un aspect violent et brutal de New York, avec le contraste total entre les sphères du pouvoir à Manhattan et le quotidien banal des quartiers populaires de Brooklyn, Edward Norton fait clairement des références au Chinatown, de Polanski ou à La 25ème heure, de Spike Lee qu’il qualifie d’un « des meilleurs réalisateurs contemporains« . Pour construire le personnage central du film, celui de Moses Randolph (campé par Alec Baldwin), il s’est inspiré de Robert Moses, un magnat du BTP qui a exercé une forte influence sur le visage de la ville entre les années 30 et 60.
Porté encore par des acteurs comme Willem Dafoe, Bruce Willis, Brooklyn Affairs est un néo-polar qui célèbre aussi bien artistes que losers, marqué par la griffe de Dick Pope, le chef opérateur de L’illusionniste. Il a enfin fallu au cinéaste se plonger dans l’univers complexe du Syndrome de Tourette. Une recherche de longue haleine, comme il l’explique : « Il y a d’excellents documentaires sur les gens qu’elle touche. Ce qui a vraiment été libérateur si l’on peut dire, et qui sera confirmé par les malades de la Tourette, c’est qu’elle est différente pour chacun. Elle est individuelle, elle n’a pas qu’une seule façon de s’exprimer, donc vous ne pouvez pas mal la représenter. Je dirais qu’il m’a fallu développer une compréhension, un sens de ce que ma propre combinaison de détails allait être. Honnêtement, cela a dû prendre deux ans. »

