LA DANSE POUR LA VIE

LES ENFANTS D’ISADORA, de Damien Manivel -1h24

Avec Agathe Bonitzer, Manon Carpentier, Marika Rizzi, Elsa Wolliaston

Sortie : mercredi 20 novembre 2019

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Après la mort de ses deux enfants en avril 1913, la danseuse mythique Isadora Duncan a composé un solo intitulé La mère. Dans un geste d’une grande douceur, une mère y caresse et berce une dernière fois son enfant avant de le laisser partir. Un siècle plus tard, quatre femmes font la rencontre de cette danse.

Ce qui touche dans le film ?

Avec cette nouvelle réalisation, Damien Manivel retrouve sa première passion : il fut danseur avant que de bifurquer vers le cinéma. Il raconte : « C’est un sujet qui m’est cher et ça m’a pris du temps pour trouver la bonne approche. J’ai commencé par faire des films où la danse est présente de façon souterraine, en observant les gestes de mes acteurs avec la même attention que s’ils dansaient. Et puis, il y a eu la rencontre d’Isadora Duncan qui a déclenché ce nouveau film. Nous avons commencé par faire des essais avec Agathe Bonitzer et une amie chorégraphe, Aurélie Berland. Un jour, au cours d’une improvisation, Agathe a fait un geste très lent, comme un adieu, bras tendu. Aurélie s’est tournée vers moi et m’a dit que ce geste lui rappelait le solo « La Mère » d’Isadora Duncan. Elle m’a alors appris la mort tragique de ses deux enfants d’où cette danse tire son origine et j’ai écouté la musique de Scriabine qui m’a touché. J’ai tout de suite compris que j’avais trouvé là le point d’ancrage, la source à partir de laquelle je pourrais construire un récit à la fois personnel et ample. »

En s’inspirant de la personnalité d’Isadora Duncan, Damien Manivel célèbre une grande liberté de création . En prime, le fait qu’il n’y ait ni films d’époque, ni photographies de la chorégraphe lui permettait de libérer des émotions personnelles et originales.

Construisant son histoire en trois séquences – celle d’une jeune danseuse qui déchiffre la partition originale; celle (très forte) d’une chorégraphe Mariki Rizzi qui travaille avec une danseuse trisomique, Manon Charpentier; et la finale où une femme âgée, Elsa Wolliaston, laisse parler ses émotions après avoir assisté à une représentation – Damien Manivel surprend en captant la danse comme une esquisse.

Si la dernière partie, non exempte d’émotions, est un peu longue, notamment l’errance nocturne de Elsa Wolliaston, même si elle réserve une vraie surprise, Les Enfants d’Isadora est une approche  sensible du monde de la danse. Et un hommage subtil à la personnalité si singulière de Isadora Duncan.

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