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En s’attaquant à l’affaire des Panama Papers, Steven Soderbergh signe un nouveau film sur la finance. Une charge qui est tout sauf légère…
Dans The Laundromat, Steven Soderbergh s’attaque un défi : montrer avec un ton ironique le mécanisme de la fuite des capitaux. Le pitch ? Après s’être fait extorquer l’argent de son assurance, une veuve en colère enquête jusqu’au Panama, où deux avocats rusés dissimulent de l’argent pour les super riches…
Régulièrement dans le récrit, les deux patrons, Mossack (campé par Gary Oldman) et Fonseca (Antonio Banderas) font des apparitions pour expliquer ce qui se passe, comme deux professeurs sous acide. On suit par ailleurs le combat de la veuve révoltée qui se prend à rêver à passer à l’acte pour pourfendre les voleurs. La veuve, c’est Meryl Streep qui ne parvient pas à tirer son épingle du jeu, tant Steven Soderbergh la fait surjouer dans cette histoire où le cinéaste a pour ambition de montrer comment, à travers des cas particuliers, certains ont perdu leur fric et comment l’arnaque a touché tous les continents, du Panama à l’Afrique.
Usant des techniques qu’il affectionne – le récit éclaté, les fausses pistes… – Soderbergh oscille en permanence entre le grotesque et le pamphlet politique. In fine, cela semble terriblement bancal. Quant aux interventions des deux patrons qui en font aussi des tonnes semblent sorties d’un film des années 60. Cette satire aurait néanmoins un intérêt si elle pouvait nous pousser à passer à l’action pour réformer ce monde de la finance. Mais là, le cinéma ne suffit pas…
