VIF-ARGENT, de Stéphane Batut – 1h44
avec Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue
Sortie : mercredi 28 août 2019
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnait. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?
Et alors ?
Mêler une histoire d’amour à celle de morts-vivants dans un Paris le plus banal possible : c’est le pari de Stéphane Batut dans ce film étrange, mais qui n’est pas dépourvu de grâce. Il raconte évoquant un scénario né d’un assemblage de souvenirs liés à des castings : « L’idée était de réaliser un portrait de la ville à travers ces gens rencontrés au hasard des rues. J’ai compris ensuite que celui qui pourrait faire le lien entre ces souvenirs serait une sorte d’alter-ego qui aurait un caractère fantastique. »
Entre monde réel et monde des ombres, cette histoire singulière nous embarque dans des aventures poétiques et oniriques, un peu à la façon d’un Georges Franju dont l’univers peut passer du rêve le plus fou à la précision du documentaire. Dans ce récit, découvrir les morts-vivants est aussi toute une aventure tant ils sont différents : de l’immigré africain à la grand-mère italienne en passant par un jeune en situation précaire.
Enfin, il y a la belle histoire d’amour qui fait partie du champ du possible dans ce récit et on retrouve avec plaisir le jeu tout en nuances de Judith Chemla. Parlant des deux scènes d’amour entre les deux personnages principaux, le cinéaste souligne : « L’idée était d’évoquer deux vécus subjectifs d’un moment d’amour, renvoyant à l’incontournable mystère de l’autre. »
Un film qu’il faut découvrir sans le moindre préjugés et en se laissant porter par sa vraie poésie, même s’il a tout pour dérouter le spectateur moyen…
