PAS DE PITIÉ CHEZ LES HANDICAPÉS !

AFFREUX ET MÉCHANTS, de Cosimo Gomez – 1h29
Avec Claudio Santamaria, Marco D’Amore,Sara Serraiocco
Sortie : mercredi 3 juillet 2019
Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Banlieue de Rome. Noël. Un cul de jatte, un nain rappeur, un rasta toxicomane et une femme sans bras. Ils sont quatre gangsters et décident de braquer une banque. Mais le partage du butin ne se passe pas exactement comme prévu…

Et alors ?

En calquant son titre sur celui du célèbre film d’Ettore Scola, sorti en 1978 – Affreux, sales et méchants -Cosimo Gomez annonce clairement couleur d’un film en forme d’une chronique sociale déjantée avec, pour héros, de drôles de pèlerins qui croient surtout à la loi du pognon. Le réalisateur souligne : « Le refus de l’inégalité est le moteur principal de mon film. Et sa trame est basée sur le principe que tous les êtres humains peuvent être cyniques, méchants et impitoyables, même les personnes souffrant de handicap et pour qui nous avons habituellement un sentiment de pitié. »

Le point de départ judicieux de sa petite entreprise, c’est de montrer comment ces éclopés de la vie peuvent monter un casse des plus judicieux avant de se déchirer comme dans les bons vieux polar d’antan où les truands essaient de se doubler pour récupérer une grosse galette.

Les comédiens qui sont loin d’être des inconnus – Marco d’Amore est la vedette de la série Gomorra et Claudio Santamaria a joué le personnage de Jeeg Robot, film de super-héros italien – en font des tonnes dans des séquences où l’Hénaurme, cher à Jarry, le dispute à une vraie satire sociale. L’attaque de la banque montre ainsi des personnages les plus pitoyables les uns que les autres et l’instant où le travesti noir se remaquille devant la vitrine de l’officine joue sur les ressorts du bon vieil humour noir.

C’est dans ces instants que l’histoire tourne rond mais, elle s’essouffle  nettement dans la deuxième partie où, de vengeance en vengeance, l’histoire s’enlise un peu dans des moments gratuits et répétitifs où la violence et les gros plans sur des membres amputés deviennent répétitifs. C’est dommage car il y a de vrais passages réjouissants comme la cérémonie de cette messe masquée en forme de charge massive contre les évangélistes de tout poil.

Et pourtant, il y a une petite musique cruelle et originale dans cet opus à l’humour noir salutaire et qui rappelle parfois l’ironie d’un Jean-Pierre Mocky ou les premiers films d’un Albert Dupontel dans l’utilisation d’un montage « cut »,  des gros plans et des répliques qui claquent.

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