COUPABLE OU NON ?

UNE PART D’OMBRE, de Samuel Tilman – 1h30

Avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier

Sortie : mercredi 22 mai 2019

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

David est un père de famille comblé : une femme qu’il aime, deux enfants adorables, une bande de potes soudée. Au retour de leurs dernières vacances, David est interrogé par la police dans le cadre d’un meurtre. Rapidement, l’enquête établit qu’il n’est pas irréprochable. Même si son meilleur ami et son avocat le soutiennent, le doute se propage dans son entourage…

Et alors ?

Bonne idée de Samuel Tilman de plonger un mari attentionné et un ami cool dans une espèce de spirale destructrice car accusé d’un meurtre. De fait, il a été vu parlant à une jeune femme, pour lui indiquer son chemin, quelques heures avant que l’on ne la retrouve morte. Soudain, on va découvrir qu’il n’est pas le mari le plus fidèle et qu’il pourrait être coupable du meurtre car certains indices pourraient l’accuser.

Paroles du réalisateur : « Ce que je voulais faire avant tout, c’est un suspense psychologique autour de la question du soupçon et du doute ; comment réagirait un groupe d’amis à la mise en examen pour meurtre de l’un des leurs ? Avec cette question simple, c’est toute la question de l’image qu’on a de l’autre et de l’ostracisme qui a nourri mon écriture. »Campé par un solide Fabrizio Rongione, énigmatique à souhait, David se retrouve donc plongé dans un cauchemar éveillé et le spectateur ressent le poids qui l’oppresse car Samuel Tilman a pris le parti de ne pas montrer l’enquête policière et le travail de la justice mais plutôt de focaliser l’attention sur Daniel, sa compagne blessée par la tromperie (Natacha Régnier) et de ses copains qui se déchirent un peu autour de son cas.

Commentaires de Fabrizio Rongione :  » À partir du moment où mon personnage est observé,tout ce qu’il fait est potentiellement suspect. Ne rien faire est suspect.Se défendre avec trop d’énergie est suspect. Dans chacune des séquences, j’ai travaillé cette ambiguïté. »

En reprenant le thème du vrai-faux coupable (ou inversement), le cinéaste s’inscrit dans la grande tradition d’un Hitchcock. Certes le film n’est pas bouleversant de bout en bout, n’évite pas certaines longueurs mais il se dégage de l’ensemble une certaine force et ce thriller pose quelques questions fortes à l’heure du triomphe de la rapidité des jugements via les réseaux sociaux.

 

Laisser un commentaire