PETRA, de Jaime Rosales – 1h47
Avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey, Marisa Paredes
Sortie : mercredi 8 mai 2019
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Petra, jeune artiste peintre, intègre une résidence d’artiste auprès de Jaume Navarro, un plasticien de renommée internationale. Très vite, Petra découvre un homme cruel et égocentrique qui fait régner parmi les siens rancœur et manipulation. Malgré les mises en garde, la jeune femme persiste, bien décidée à se rapprocher de cette famille. Petra avouera-t-elle la véritable raison de sa présence ?
Ce qui touche dans le film ?
Une sombre histoire de famille. Dans le cadre solaire d’une belle propriété de Catalogne, Jaime Rosales a concocté un récit familial sombre pour évoquer aussi bien la recherche d’une identité – Petra recherche qui fut son père -que la question éternelle du Bien et du Mal. « Avec Michel Gaztambide et Clara Roquet, les coscénaristes du film, nous sommes revenus aux classiques. Aristote a été notre phare : « Tout doit être surprenant et nécessaire ». Tout a été pensé pour que le spectateur entre dans le film. Pour qu’il s’installe à l’intérieur et voyage avec lui. Un voyage vers l’intériorité. Intériorité des personnages et intériorité du spectateur lui-même » raconte Jaime Rosales.
Avec sa beauté mystérieuse, Bárbara Lennie campe avec beaucoup de finesse cette jeune artiste qui tente de découvrir la vérité sur ses origines, en partant des maigres indices laissés par sa mère qui termine sa vie à l’hôpital. Elle raconte : « La première chose dont je me souviens est les essais, le casting. Plutôt qu’une scène à interpréter, ce fut davantage une conversation avec Jaime sur les choses de tous les jours, des choses de la vie, et des thèmes concrets comme l’argent, l’art, mes parents, mes priorités. Ce fut très déconcertant et une chose en amenant une autre, j’ai inventé. Plus tard, j’ai compris que tout était lié au film. »
Au cœur de cette histoire sombre, il y a le personnage de l’artiste Jaume, auquel la composition de Joan Botey – qui joue ici pour la première fois – donne une épaisseur indéniable. Cet ingénieur chimiste et ingénieur agronome, qui entretient une splendide propriété hérité de son père, fait une composition forte de cet artiste qui, sans élever la voix, se comporte comme un monstre et ne peut que provoquer le drame autour de lui. A son côté, Marisa Paredes incarne une femme qui a supporté bien des choses au côté de ce mari à la personnalité écrasante, mais dont elle profite de l’assise financière.
Construit comme un livre aux chapitres dans le désordre, Petra est un film cruel sur l’existence qui ne l’est pas moins. Un opus à la mise en scène déliée et prenante.

