ALPHA- THE RIGHT TO KILL, de Brillante MA. Mendoza – 1h34
Avec Allen Dizon, Elijah Filamor, Baron Geilser
Sortie : mercredi 17 avril 2019
Mon avis : 4 sur 5
Le pitch ?
Dans les quartiers pauvres de Manille, la lutte antidrogue fait rage. Un officier de police et un petit dealer devenu indic tentent coûte que coûte de faire tomber l’un des plus gros trafiquants de la ville, mettant en jeu leur réputation, la sécurité de leur famille… et leur vie.
Ce qui touche dans ce film ?
Il faut avoir le cœur bien accroché pour plonger dans le nouvel opus de Brillante MA. Mendoza dont les précédents films ont marqué bien des festivals : en 2009, il avait notamment reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes avec Kinatay. Avec ce nouveau scénario, il plonge le spectateur au cœur de la guerre menée contre la drogue aux Philippines. Depuis l’élection de Rodrigo Duterte à la tête du pays en 2016, des opérations dans les quartiers populaires visent à éradiquer la vente du « shabu », cette amphétamine prisée pour tenir face aux longues heures d’un travail éreintant ou fuir la dureté de la réalité quotidienne.
Dans une fiction aux accents de documentaire, Brillante MA. Mendoza montre le revers de cette politique de fermeté et la manière dont les forces de police s’arrange avec la loi et la réalité pour mener une bataille sanglante où tous les coups sont permis, y compris quand ils sont en marge de la loi. En tout cas, selon les chiffres officiels de la police philippine, cette guerre aurait déjà la mort de plus de 7 000 personnes !
Décrivant les trucs des trafiquants – de l’utilisation de pigeons voyageurs aux doses de dopes planqués dans les couches des bébés – pour tromper les barrages de la police, Brillante MA. Mendoza filme au ras des quartiers pauvres où les gens vivent au milieu des poubelles et où tous les coups sont permis pour favoriser le trafic.
Il montre aussi l’envers du décor et la manière dont, y compris du côté des forces de l’ordre, cette répression pure et dure autorise bien des magouilles. Ainsi l’officier de police et son indic prélèvent une part des prises pour grossir leurs revenus. Quitte à risquer leur vie dans ces magouilles.
C’est très violent parfois, âpre et d’une totale efficacité grâce à une réalisation coup de poing qui ne fait pas dans la nuance. Une plongée noire dans un réalisme d’une capitale à la dérive où l’atmosphère est oppressante à souhait.

