LE CHIEN DE SA MAJESTÉ

ROYAL CORGI, de Ben Stassen et VIncent Kesteloot – 1h32

Film d’animation avec, en version française, les voix de Guillaume Gallienne, Franck Gastambide, Shy’m

Sortie : mercredi 10 avril 2019

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Les aventures de Rex, le chien préféré de Sa Majesté, qui perd son statut de favori et se retrouve perdu dans un chenil au milieu de chiens abandonnés. Sa quête pour retourner à Buckingham et retrouver les faveurs de la Reine l’amènera à affronter de nombreux dangers mais aussi à rencontrer l’amour.

2 raisons d’aller voir le film ?

Une animation irrespectueuse et drôle. C’est en 2002 que le scénario de Royal Corgi a vu le jour mais, ayant alors été vendu à la société de production américaine Montecito, le projet n’est ressorti des tiroirs qu’en 2016. Le clou de l’histoire, outre les chiens bien sûr,  c’est le personnage de Donald Trump, un personnage grossier et obsédé par les selfies, ce qui procure des séquences assez savoureuses dans la maison royale. Avec, clou du spectacle, le dîner où Rex prouve qu’il a un certain mordant avec le pantalon de Trump. En prime, le couple américain est flanqué d’une chienne nymphomane et qui va jouer un rôle clé dans l’histoire en servant de repoussoir aux autres royaux toutous. « Mitzy est une miss Sans-Gêne incontrôlable qui n’obéit qu’à ses pulsions. Trouver son look a été compliqué : elle est tellement détestable que tout le monde est parti sur l’idée d’une chienne moche (rires). C’était rigolo, mais peu crédible vu le statut du couple Trump. Jouer le décalage entre les chiens de races de la Reine et le côté « bling-bling » de Mitzy s’est révélé bien plus payant ! » souligne VIncent Kesteloot.

S’étalant sur deux années, un temps plutôt éclair pour un tel projet – nWave Pictures prouve la vitalité du studio belge- Royal Corgi se joue avec un certain irrespect de l’étiquette régnant à Buckingham : la reine est obsédée par ses royaux toutous, son époux courbe l’échine face au moindre de ses caprices et les valets subissent tout en silence dans un ballet en forme de rituel savamment orchestré.Une parodie des relations humaines. Côté fourrière, on retrouve bien des traits de la comédie humaine entre les chiens qui, tous, joue une partition singulière. Entre les molosses qui roulent des mécaniques, les petits qui misent sur leur rapidité et leur flair, ces toutous ont des réactions bigrement humaines. Et, petite leçon de vie, c’est quand ils seront unis qu’ils réussiront à gagner et à vaincre tous les obstacles, y compris éteindre un incendie qui menace le palais de Buckingham . Pour autant, les metteurs en scène ont tout fait pour éviter que la parodie des films d’action ne soit trop violente. « Mon travail consiste notamment à trouver le bon compromis, en optant pour une mise en scène affirmée mais qui emprunte un chemin moins clivant. Par exemple, des animateurs souhaitaient plus d’actions violentes lors des combats entre chiens dans l’arène du Fight club. Je leur ai expliqué le sens de mon parti-pris : à quoi bon mettre en scène un combat logiquement perdu d’avance entre un chien de salon et un pitbull, créer un malaise et être censuré dans certains pays ? J’ai préféré mettre en scène dans un premier temps la fuite logique de Rex, qui est source de rebondissements et de suspens, puis orchestrer sa victoire sur Tyson, à force de bravoure et de détermination » raconte VIncent Kesteloot.

Rythmé -les séquences au milieu des rues londoniennes ne manquent pas de sel comme celles des combats de chiens dans la fourrière ou de l’incendit – et plein d’humour, ce Royal Corgi est un film qui se regarde à plusieurs niveaux. Ce n’est pas la moindre de ses qualités. Et comme Guillaume Gallienne donne joliment de la voix dans le rôle du royal toutou… on ne boude pas ce petit plaisir canin.

 

Laisser un commentaire