Clap de fin pour Stanley Donen, dernière figure de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Il vient de mourir à 94 ans.
En faisant grimper Gene Kelly dans Chantons sous la pluie et en faisant danser Fred Astaire sur le plafond d’une chambre d’hôtel dans Mariage royal, Stanley Donen avait révolutionné la comédie musicale. En 1997, Martin Scorsese lui avait décerné un Oscar d’honneur pour toute sa carrière « marquée par la grâce, l’élégance, l’humour et l’innovation visuelle« . Alors âgé de 73 ans, l’ancien danseur et chorégraphe avait alors effectué quelques pas de claquettes pour la galerie de photographes et les caméras. Et déclenché une standing ovation du parterre de stars reconnaissant le talent du maestro.
Le cinéaste avait, à 9 ans, découvert Fred Astaire emportant Ginger Rogers dans la danse endiablée de Carioca. C’était en 1933. L’acteur devint alors son idole. Après avoir commencé à danser en cachette, Stanley a convaincu ses parents de l’inscrire à un cours. A 16 ans, c’est le départ pour New York avec l’espoir de faire de sa passion son son métier. Il débute à Broadway en devenant « chorus boy » en 1940 dans « Pal Joey ». Dans ce show, la star est un certain Gene Kelly. Ensemble, ils vont faire sortir la danse du music-hall et montrer qu’on peut faire passer bien des émotions par des pas de danse. En 1949, ils signent ensemble Un jour à New York. Très moderne pour l’époque, cette comédie musicale avec Fred Astaire se déroule presque entièrement en extérieur pour la première fois. La suite, on la connaît et Stanley Donen a signé aussi bien des comédies musicales fameuses que des comédies à intrigues comme Charade, en 1963, avec Audrey Hepburn et Cary Grant.
Père de trois garçons, marié à cinq reprises, Stanley Donen n’a jamais perdu son sens de l’humour. En 1996, il avait lancé au New York Times : « Toutes ces comédies musicales appartiennent au passé. Si on retournait aujourd’hui la scène où Gene Kelly danse sous la pluie, il regarderait partout autour de lui de peur d’être arrêté par la police. »
