En 2 000, Pitof avait évoqué Vidocq dans une imagerie techno et des trucages assez novateurs. Avec L’Empereur de Paris, sur les écrans le 19, Jean-François Richet revient à une vision plus classique dans une version sombre et réaliste du parcours de ce personnage hors du commun. Car Vidocq n’a jamais cessé de fasciner…
CInéma, télévision : avant Vincent Cassel, bien d’autres figures du cinéma – Harry Baur, Gérard Depardieu, Claude Brasseur ou encore Bernard Noël – ont interprété Vidocq. Il est vrai, l’homme a de quoi inspirer les créateurs. Honoré de Balzac a pensé à ce sombre personnage pour créer Vautrin dans La Comédie Humaine. Et c’est trois personnages qu’il a inspiré à Victor Hugo dans Les Misérables : Jean Valjean symbolise le bagne et les évasions; Javert l’espionnage et la police de l’ombre et Thénardier le crime, la prison et le statut de chef de bande…
Jean-François Richet, lui, s’attache à la genèse de cet ancien voyou devenu premier flic de France. Commentaires du cinéaste : « En tant que passionné d’histoire – en particulier la période qui va de la révolution à l’Empire – je connaissais aussi le contexte. Vidocq naît sous la monarchie de Louis XVI et meurt sous le Second Empire, il traverse la Révolution française où il combattra à Valmy et à Jemapes, puis le Directoire, le Consulat et le 1er Empire, la Restauration, Louis-Philippe et la deuxième République, ces époques sont des promesses de vie mouvementée. »
Ce Vidocq a frappé les récits et nourri les imaginations tant il pouvait montrer un double visage. Le Vidocq campé par Vincent Cassel, un habitué de l’univers du cinéaste, est un homme qui est prêt à tout pour retrouver sa liberté. Et il doit composer sans cesse face aux pièges que dresse l’État sur son chemin et qui est symbolisé par Fabrice Luchini (Fouché) et Patrick Chesnais (Henry).
Ce film d’aventures historiques jouant sur bien des registres repose beaucoup sur les épaules de Vincent Cassel. Racontant comment il est entré dans la peau de Vidocq, l’acteur souligne : « Gauguin ou Vidocq, il faut porter le récit, quelle que soit la manière dont il est raconté. J’ai appris à me faire confiance et je sais que le personnage central, dans n’importe quel film, doit avoir sa propre réalité. Les rares fois où j’ai dérogé à cette règle, je l’ai regretté. Avec Vidocq, je savais ce que je devais être : un homme rusé, dur et clairvoyant. »
Il est entouré d’une bande de comédiens qui jouent chacun une partition originale : de Denis Lavant, en chef de gang violent à James Thiérrée qui campe un tueur mélancolique. Le tout baignant dans une certaine violence. Vincent Cassel ajoute : « Je pense, comme Christophe Nolan, qu’il est intéressant de traiter les films grand public avec une certaine noirceur. Et puis, aujourd’hui, les jeune acceptent cette violence beaucoup plus facilement. »
On verra vite si le public jeune profitera de la trêve des confiseurs pour aller découvrir les aventures de ce voyou et flic devenu une figure de l’imagerie populaire en France.


