Entré à la Comédie-Française à 21 ans, César du meilleur acteur à 25, Pierre Niney brûle les étapes. Dans Sauver et périr, sur les écrans le 28 novembre, il campe un pompier tombé au feu et qui doit se reconstruire. « C’est une histoire particulière à la fois très intime et très universelle« , dit le comédien.
Dans Sauver et périr, Frédéric Tellier a voulu raconter le parcours « extraordinaire » d’un homme ordinaire. Sapeur-Pompier de Paris, Franck sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme
qui accouche de jumelles. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.
Présentant son film, Frédéric Tellier souligne : « Dans les récits qui m’attirent, il faut qu’il y ait une histoire et un sujet : depuis très longtemps, j’avais envie de parler de la quête de l’identité, du sens de la souffrance, et de la permanente (re)construction des êtres. J’ai lu et relu au moins dix fois le livre de Job pendant l’écriture du scénario et je reste obnubilé par la force de la vie et par le questionnement de savoir comment vivre avec le mal au sens de la souffrance, de l’épreuve de vie. C’est une question universelle : chaque être peut voir sa vie basculer irrémédiablement par un accident ou une perte brutale et devoir surmonter l’épreuve, le traumatisme, se réinventer et vivre. »
Pour Pierre Niney, ce mélodrame a été l’occasion de nouvelles variations. Il a déjà pris dix kilos de muscle pour se glisser dans le costume d’un soldat du feu. Le cinéaste poursuit : « J’ai plein d’exigences en tant que metteur en scène, et pour moi la base du contrat est de proposer un univers impeccable et honnête. Mon obsession dans mes films est le réalisme : il faut que ça sente le vrai. Quand Pierre monte à la corde ou qu’il monte la planche, il le fait vraiment. Quand il est ému, il l’était vraiment, sincèrement, purement. Il est allé en immersion chez les pompiers et chez les grands brûlés et il a cette grande qualité de s’investir entièrement dans son personnage et l’histoire. »
Dans ce film où Pierre « vit » aussi à travers le regard de sa jeune femme, campée par Anaïs Demoustier, le réalisateur évoque aussi bien le thème de la reconstruction et de la vision de soi qu’ont les autres que celui des tensions inévitables dans le couple. Il y a ainsi la scène où le médecin de Franck trouve les paroles justes pour aider Cécile, désemparée, à retrouver quelques raisons d’espérer.
Jouant un homme aux deux visages – avant et après la terrible brûlure – Pierre Niney a passé beaucoup de temps auprès des grands brûlés et des membres du corps médical à l’hôpital Saint-Vincent à Paris et au centre de réadaptation de Coubert. Il avoue y avoir été « profondément ému« . Adepte d’un travail minutieux de préparation, le comédien se compare souvent comme un artisan qui répète son
geste pour obtenir le bon geste dans l’exécution finale de son œuvre.
Évoquant son parcours éclair, le jeune Pierre Niney déclare au magazine Elle : « J’ai toujours fait les choses avec une certaine forme d’impatience. Si c’était à refaire, je le referais de la même manière. Je n’ai pas envie d’écouter ceux qui disent : « Tu as le temps. Tu es jeune. » Je crois qu’en art, l’âge ne veut pas dire grand-chose. »
Après un tel début de carrière, Pierre Niney a largement le temps, s’il continue de travailler avec une telle intensité, de nous surprendre sur bien des plans…
