UNE BATAILLE DES MOTS

A l’affiche de Nos batailles, sur les écrans le 3 octobre, Romain Duris et Laetitia Dosch ont dû s’adapter à… l’absence de dialogues.

Nos batailles plonge le spectateur dans le combat quotidien d’un père de famille ordinaire.. .Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Déjà repéré par son film précédent, Keeper, en 2015, Guillaume Senez, réalisateur franco-belge, a nourri son scénario de sa propre histoire. Il confie : « Quand je préparais Keeper,  je me suis séparé de la mère de mes enfants. J’ai appris, comme Olivier (Romain Duris) dans le film, à vivre seul avec eux, à les regarder, à les entendre et à les comprendre. Ce fut une période fondatrice pour moi, en tant qu’homme mais aussi en tant que cinéaste. Je me suis demandé comment les choses se seraient passées si j’avais été complètement seul, veuf, ou abandonné. La réponse est simple : je n’aurais pas réussi à trouver une stabilité entre ma vie professionnelle et familiale. »

Fidèle à sa manière de faire et pour obtenir une plus grande vérité dans les échanges, Guillaume Senez, n’a pas écrit de dialogues mais juste une trame de scénario sur laquelle les interprètes devaient inventer. Il poursuit : « On a beaucoup discuté de la méthodologie, du fait que je ne donne pas les dialogues. Cela représente un risque pour les comédiens, c’est comme sauter sans parachute, et je comprends très bien leurs appréhensions. Romain Duris n’avait jamais travaillé comme ça auparavant. Ce défi l’excitait beaucoup. Avant le tournage, on a beaucoup discuté du personnage. Au moment du tournage, tous les dialogues sont minutieusement écrits, mais je ne les donne pas aux comédiens. On va les chercher ensemble. C’est cela qui donne au film cette texture particulière, les moments où les personnages cherchent un peu leurs mots, où les dialogues peuvent se chevaucher, tous ces petits accidents, ces choses de la vie de tous les jours qu’on a tendance à perdre au cinéma. »

Une façon pour Guillaume Senez d’obtenir une sincérité des répliques et un ton plus naturel, plus proche de la crise vécue par Olivier dans son quotidien, la gestion de ses enfants… Ainsi, on partage au plus près les troubles d’un ouvrier syndiqué qui s’occupe plus des soucis de ses collègues que de sa vie personnelle.  Chronique sociale et chronique familiale, Nos batailles offre à Romain Duris et Laetitia Dosch l’occasion de forcer leur naturel qui est déjà grand…

L’autre originalité du film, c’est une bande originale réduite à sa plus simple expression : il n’y a pas de musique pour souligner certains séquences – cela change de certains déluges de décibels – et seule la chanson de Michel Berger, Le Paradis Blanc, surgit dans une scène.

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