Il joue avec les codes du genre et bien des clins d’œil à la comédie italienne dans Les Vieux Fourneaux, de Christophe Duthuron, qui sort le 22 août. Un retour sur grand écran pour Eddy Mitchel, ce mordu de ciné.
Il n’avait pas tourné depuis quatre ans et Salaud, je t’aime de Claude Lelouch avec Johnny Hallyday dans le rôle principal. Eddy Mitchell est de retour sur grand écran dans Les Vieux Fourneaux, inspiré d’une BD éponyme, scénarisée par Wilfrid Lupano et dessinée par Paul Cauuet (plus précisément des intrigues des tomes 1 et 3). Le thème ? Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de 70 balais, ont bien compris que vieillir était le seul moyen connu de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Leurs retrouvailles à l’occasion des obsèques de Lucette, la femme d’Antoine, sont de courte durée … Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… cinquante ans plus tard ! Christophe Duthuron souligne : « Les personnages de Paul Cauuet, son souci de la mise en scène, de la fluidité, sa maîtrise du « rythme » de lecture. C’était une BD en droite ligne de cette école francobelge que j’admire tant, et, en même temps, elle avait une personnalité singulière, un style qui ne ressemblait à aucun autre. Elle ne copiait personne. C’est rare. Et puis la langue sublime de Lupano, bien sûr. C’est à la fois goguenard, rigolard, anar, vachard, transgressif, nostalgique et… plein d’humanité. »
Si les deux compères d’Eddy Mitchell n’ont pas eu besoin d’une grande transformation physique pour camper leur personnage respectif, l’affaire fut plus compliquée pour Eddy Mitchell.« Dans la BD, c’est un petit gros dégarni. Autant dire qu’on est loin de la prestance et l’insolente jeunesse d’ « Eddy Mitchum », comme je m’amusais à l’appeler. Le « personnage » Eddy dégage surtout de la force. Or, la drôlerie des Fourneaux tient aussi à ce que ce sont des « petits » vieux avec de grandes gueules. Il a donc fallu créer ailleurs ce décalage. Lui
trouver une « faille » pour qu’il nous touche immédiatement. Il y a la posture voûtée, le corps cassé, bien sûr, mais surtout une tentative un peu ridicule – parce que perdue d’avance – de retenir l’image de sa jeunesse. Je n’en reviens toujours pas qu’Eddy ait accepté la teinture de cheveux corbeau et la moustache dessinée au crayon » ajoute le cinéaste.
Pour le cinéphile qu’est Eddy Mitchell, ce film est l’occasion de marcher sur les traces du cinéma italien d’antan. Dans Le Journal du dimanche, il dit évoquant cette histoire où il porte une fine paire de moustaches à la Clark Gable ou à la Marcello Mastroianni de Divorce à l’italienne : « Quand j’ai lu le scénario, j’ai immédiatement été emballé par le côté Pieds Nickelés de ces trois petits vieux. Ils sont gentils, mais il ne font que des conneries, et ça, c’est très intéressant à jouer. J’y ai retrouvé un peu le cinéma italienne des années 1950 que j’adore : il savait raconter des choses profondes en nous faisant marrer. »
Avec un personnage qui affiche une mauvaise foi constante, Mitchell peut en prime pratiquer un art qu’il aime bien. Il a même fondé il y a quelques années un club amical, celui de la MFE (mauvaise foi évidente) avec des potes comme Gérard Jourd’hui, Pierre Lescure, Bertrand Tavernier ou encore Johnny Hallyday bien sûr.

