JOHN McENROE – L’EMPIRE DE LA PERFECTION, de Julien Faraut – 1h30
Documentaire avec la voix de Mathieu Amalric
Sortie : mercredi 11 juillet 2018
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Au début des années 80, le tennisman John McEnroe est copié dans toutes les écoles, étudié sous toutes les coutures,filmé sous tous les angles.Roland Garros 84 : il a tutoyé la perfection, et pourtant…
Et alors ?
C’est la passion du sport et le fait d’avoir travaillé à la cinémathèque de l’Insep, l’Institut national du sport, qui a poussé Julien Faraut à signer ce documentaire consacré à un prince de la raquette au caractère bien trempé : John McEnroe. En suivant un de ses collègues qui réalisait un film sur Gil de Kermadec, ancien joueur et acteur important de la popularisation du tennis moderne, qu’il a découvert une étrange collection de pellicule. Il raconte : « Il y a avait sur les étagères 25 boites de 600 mètres de pellicules correspondant à une vingtaine d’heures de rushes très mal identifiées. Au fur et à mesure que je les ouvrais, je prenais conscience de la rareté de ces images qui auraient dû être détruites depuis longtemps. »
En découvrant ces films étudiant la technique des grands joueurs et aidant à l’enseignement du tennis, il a ainsi mis la main sur les images montrant McEnroe en action. C’était le dernier film signé Kermadec et son tournage fut réalisé sur une durée de cinq ans.
En prenant en exergue la formule de Jean-Luc Godard – « Le cinéma ment, pas le sport ! » – Julien Faraut offre plusieurs lectures du champion : le perfectionnisme qui n’hésite pas à piquer ses légendaires colères quand il
estime un arbitrage injuste; l’homme d’images qui ne supporte pas l’indiscrétion de la caméra ou des micros; le champion qui a besoin du stress du match pour se dépasser mais ne prise guère les entraînements… En parlant de ses colères, le cinéaste dit : « Jamais ses colères n’ont été provoquées dans une visée stratégique. L’ambiguïté naît du fait qu’il a su les exploiter. Il met un tel enjeu dans chaque point qu’il ne peut pas envisager de perdre, et il y a une vraie souffrance chez lui. Ce qui fait que dès qu’il est sur un court de tennis, il est d’une expressivité et d’une théâtralité incroyables. C’est un joueur qui n’est pas sous contrôle, ses colères sont des émotions qu’il ne peut pas réfréner. » On le mesure notamment dans ses relations complexes à la caméra et dans la manière dont il la regarde parfois.
Même si le documentaire n’est pas d’une facture très nouvelle, on découvre ainsi les secrets d’un virtuose du tennis. Et d’un homme entier avec, en point d’orgue, la finale Lendl-McEnroe de 1984, que le champion américain finira par perdre. Une défaite qui continue de hanter aujourd’hui un champion qui reste recordman du pourcentage de victoires sur une saison avec 96,47 % (82 victoires pour 3 défaites !).
