Diffusé pour l’instant dans le cadre de Festivals, Voyage en diphonie est un documentaire original de Jean-François Castell. On peut découvrir ce voyage dans le chant diphonique mongol, le samedi 19 mai, au Festival Étonnants Voyageurs, St. Malo lors d’une projection spéciale.
Jean-François Castell est du genre tenace. De la ténacité, il en fallait pour mener à bout
cette aventure « rendue possible par le financement participatif« , comme il tient à le souligner : avec pour guide l’ethnomusicologue Johanni Curtet (ci-contre) et sa compagne Nomindari Shagdarsüren, il est allé aux sources de l’art traditionnel du khöömii mongol (chant diphonique). Un art qui se transmet, comme un secret de génération en génération et que l’on découvre pour la première fois un peu dévoilé.
Une chose a changé depuis 2010 pour ce chant des steppes : il est inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’UNESCO. Avec Nomindari Shagdarsüren et leur association Routes Nomades, Johanni Curtet ont préparé depuis six
ans une anthologie du chant khöömii. En 2016, pour la sortie du disque, le couple a organisé une tournée en forme de première avec douze diphoneurs et musiciens. Hommes, femmes, jeunes et vieux maîtres, bergers, musiciens, venus de plusieurs provinces de Mongolie, se sont réunis pendant deux mois sur les scènes les plus prestigieuses de musiques du monde, en France et en Suisse.
Jean-François Castell était du voyage et a commencé à tourner des images et à capter des tranches de vie jusqu’au u Gipsa-lab ainsi qu’au C.H.U. de Grenoble où certains représentants du khöömii, volontaires, ont mené des recherches en laboratoire avec le C.N.R.S. . Ce qui donne d’ailleurs une séquence aussi émouvante que drôle.
Le voyage s‘est terminé l’été 2017 au cœur de la Mongolie où Johanni Curtet et Nomindari Shagdarsüren sont allés distribuer le coffret des chants aux principaux protagonistes et en parler sur les ondes locales. Un moment d’autant plus touchant qu’entre le voyage en France et cet été 2017, Papizan Badar, maître touva de Mongolie et un des protagonistes de la tournée, est subitement mort. « Le cinéma du réel offre parfois ce type d’incident qui prend une résonance particulière dans ce documentaire » souligne Jean-François Castell.
Un des talents du réalisateur est d’avoir su se glisser au côté de ces artistes et de nous décrire – ce qui n’a pas toujours été facile car certains diphoneurs ne voulaient pas divulguer, même sommairement, leur savoir – cette manière de vivre la musique de façon vivante et humaine.
Autant dire qu’il ne faut pas hésiter à courir voir ce documentaire original dès que l’occasion s’en présente. Ou alors, on peut se le procurer en DVD (en un clic).
