ET MON CŒUR TRANSPARENT, de Raphaël et David Vital-Durand – 1h26
Avec Julien Boisselier, Catarino Murino, Serge Riaboukine
Sortie : mercredi 16 mai 2018
Mon avis : 2 sur 5
Le pitch ?
« Je m’appelle Lancelot Rubinstein, ma femme est morte ce jour-là, à cet instant précis. Elle s’appelait Irina. Le plus étrange dans cette histoire c’est de découvrir la personne avec laquelle on vit une fois qu’elle est morte. »
Adaptant l’œuvre éponyme de Véronique Ovaldé paru en 2008, Raphaël et David Vital-Durand signent ici leur premier long métrage en racontant l’histoire de ce veuf lunaire qui ignore tout de la vie de sa femme solaire, campée par Catarine Murino. Pourquoi le choix de ce texte pour faire le grand saut ? Ils racontent : « Le roman de Véronique Ovaldé, s’impose rapidement : suspense,
personnages hauts en couleur et en même temps surréalisme des situations… »
Volontairement onirique, ce film colle au point de vue de Lancelot Rubinstein, le anti-héros parfait, un peu terne et mou et qui semble complètement dépassé par la vie. Et en jouant sur un décalage entre réalité et irréalité, le duo démonte de cette vaste machination centrée sur un amour perdu.Les deux frères témoignent : « Ce film devait être un peu comme un trip.La mise en scène devait être un rêve surréaliste sur une histoire réaliste afin de faire basculer le spectateur d’un monde à l’autre en permanence.Nous avons,par exemple, demandé à Julien Boisselier de jouer son rôle comme s’il était
un cosmonaute qui arrive sur une planète inconnue. »
Si le film est filmé avec une certaine grâce – venus de la pub et du clip, les frères Vital-Durand ont du métier – l’intrigue tourne pourtant un peu en rond et on ne parvient pas à se passionner pour… ce drame passionnel.
Sans doute parce que le couple d’origine ne semble pas très vraisemblable et qu’on ne croit pas vraiment à la folle histoire d’amour entre Lancelot et sa muse. Et même quand la réalité fait irruption dans l’histoire avec l’apparition du père – parfait Serge Riaboukine – on n’est pas complètement concerné. Un simple frémissement dans l’histoire ne permet pas de faire un thriller surréaliste qui vous emporte. Les images sont souvent magnifiques mais cela ne suffit pas à faire un film qui tienne la route.

