NOBODY’S WATCHING – de Julia Solomonoff – 1h41
Avec Guillermo Pfening, Elena Roger, Rafael Ferro
Sortie : mercredi 25 avril 2018
Mon avis : 2 sur 5
Le pitch ?
Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l’attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s’en sortir… Sa vie affective et sociale s’en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil.
Pour Julia Solomonoff, l’exil de Nico à New York est un prétexte idéal pour décrire une double galère : celle des immigrés qui tentent le rêve américain et celle des comédiens qui rêvent de faire carrière. Même si la situation d’un latino tel que Nico n’est pas la pire – les Argentins sont plus solubles dans l’anonymat que l’exilé de l’Altiplano par exemple – on mesure vite comment il faut au personnage principal multiplier les combines, jouer la nurse alors qu’il n’est pas très doué pour changer une couche, nettoyer les appartements tout en faisant de petits vols dans les supermarchés pour parvenir à survivre dans l’anonymat de la cité verticale.
Au cinéma, Nico doit aussi être prêt à toutes les concessions pour tenter de décrocher un rôle. Ainsi, une agent qui a pignon sur rue lui explique que pour coller à l’image des latinos, il doit teindre sa tignasse blonde… A cet égard, Guillermo Pfening fait une composition sans fautes, parvenant bien à faire passer l’énergie de son personnage mais aussi des fêlures et ce chagrin d’amour qui l’a contraint à prendre le large en Argentine alors qu’il était un acteur de série reconnu.
Ce beau portrait d’un étranger dans un pays étrange touche son monde même si l’histoire traîne un peu en longueur et que les incidents qui accompagnent ce chagrin d’amour entre Nico et son cousin, amant, sont un peu prévisibles. Il reste malgré tout quelques beaux moments captés dans les rues anonymes de New York, une ville aussi ouverte sur l’extérieur que « fermée » aux étrangers.



