OLIVIA COOKE, UNE JEUNE FILLE COURAGE

KATIE SAYS GOODBYE, de Wayne Roberts – 1h28

avec Olivia Cooke, Christopher Abbott, Mireille Enos, Mary Steenburgen

Sortie : mercredi 18 avril 2018

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

Jeune femme du sud ouest américain, Katie rêve d’une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l’épreuve par ceux qu’elle aime le plus au monde.

3 raisons d’aller voir ce film ?

Les rêves d’une jeune fille qui se bat malgré tout. Malgré tout ce qui peut lui arriver, la jeune Katie poursuit ses rêves avec une étonnante naïveté en vivant pourtant une vie sinistre dans ce coin paumé de l’Amérique profonde entre un restaurant pour routier et le mobil home qu’elle partage avec sa mère. L’idée de ce premier film est venu à Wayne Roberts il y a une quinzaine d’années. Il raconte : « J’ai eu la vision d’une fille qui marchait seule sur la route et j’avais le sentiment de tout connaître d’elle et de son parcours. Son uniforme me renseignait sur son métier de serveuse et son badge, sur son prénom : Katie. Plus tard dans la nuit, le titre du film m’est venu. Généralement, mes scénarios sont plus « techniques », mais le point de départ de Katie Says Goodbye est spirituel. J’ai laissé Katie me raconter son histoire, sans interférer. »

Une réalisation efficace. Privilégiant la caméra à l’épaule, Wayne Roberts  parvient à nous scotcher dans les pas de Katie, aussi bien dans le restaurant où elle est soutenue par une mère de substitution, Maybelle (très touchante Mary Steenburgen) que dans le mobil home familial où la minceur des cloisons permet à la fille de tout savoir des ébats de sa mère, chômeuse, et déprimé par l’âge. Le spectateur ne peut alors que ressentir de l’empathie pour cette jeune fille qui vend son corps pour arrondir ses fins de mois et lui permettre de filer avec sa mère  à San Francisco. Et dans les scènes violentes, le réalisateur parvient à suggérer plutôt qu’à souligner lourdement ce qui rend ces instants d’une redoutable efficacité. Enfin, le réalisateur utilise parfaitement les paysages sans âme des États-Unis où la jeune fille rêve  simplement en allant saluer le conducteur d’un train de marchandises qui passe le long de la route impersonnelle qu’elle prend quotidiennement pour aller bosser.

Magnifique Olivia Cooke. Pour toucher son monde, sans glisser dans le pathos, dans l’émotion facile, il fallait une actrice de haut vol. Olivia Cooke (récemment vue dans Ready Player One, de Steven Spielberg)  gagne le pari et interprète avec un naturel étonnant cette jeune fille qui parvient, en un clin d’œil, de faire passer les émotions les plus diverses sur son visage juvénile. Rien que la séquence finale est, à cet égard, bluffante. Et elle forme avec Bruno – un ex-taulard, mécanicien et taiseux, très bien joué par Christopher Abbott (Charlie dans la série Girls) – un couple que tout oppose.

Très juste dans les dialogues – notamment dans les scènes entre Katie et Maybelle – ce récit d’une jeune fille qui dérive mais veut se reprendre en main est un premier film qui ne passe pas inaperçu. Et ne peut qu’émouvoir.

 

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