ALLONS ENFANTS, de Stéphane Demoustier – 0h59
Avec Cléo et Paul Demoustier, Vimala Pons, Anders Danielsen Lie
Sortie : mercredi 18 avril 2018
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Dans les jardins de la Villette, Cléo (3 ans et demi) joue avec son frère jumeau Paul. Cléo s’éloigne et se perd. Puis c’est au tour de Paul de se retrouver seul. Perdus dans Paris, Cléo cherche Paul et Paul cherche Cléo. Comment les enfants vont-ils vivre ces quelques heures buissonnières ?
Et alors ?
En faisant tourner ses deux propres enfants – qui sont d’un grand naturel tout à fait désarmant – dans le quartier de la Villette, à Paris, Stéphane Demoustier signe une œuvre singulière sur ce parcours de deux enfants qui se cherchent. Singulier, ce film l’est sans nul doute car l’équipe – au demeurant réduite – a tourné (souvent) caméra à l’épaule et à hauteur d’enfants pour nous faire partager les sentiments de Cléo et Paul. « Toutes les scènes sont dictées par les impulsions des enfants et la technique devait suivre leurs élans, sans jamais les contraindre », déclare le réalisateur.
Non content de signer un conte moderne, charmant, le cinéaste fait aussi le portrait d’une capitale qui vit dans un climat marqué par les attentats mais qui n’est visible qu’à travers les réflexions d’un vigile du parc, de policiers en veille… Car, ici comme ailleurs, la vie continue malgré tout. En montrant le regard naïf de ces deux enfants, âgés de 3 ans et demi, il voulait aussi montrer symboliquement « l’innocence perdue de Paris ». Et il y parvient.
Grâce au personnage campée par Vimala Pons, par la rencontre avec un ancien amour, le film nous offre un monde ordinaire mais qui, par instant, peut devenir extraordinaire et non dénué d’une vraie poésie, notamment quand sa caméra s’attarde sur un Paris nocturne. Un film qui diffuse un bel optimisme.


