UNE HISTOIRE DE FEMMES

FÉMININ PLURIELLES, de Sébastien Bailly – 1h22

Avec Hafsia Herzi, Lise Bellynck, Anne Steffens

Sortie : mercredi 7 mars 2018

Mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Hafsia, Douce, Delphine et Charlotte : quatre jeunes femmes qui cherchent à s’affranchir des limites qu’on voudrait leur imposer.

Et alors ?

Au début, on a un peu peur devant un film en forme de triptyque dédié à des jeunes femmes qui semblent prendre en charge leur propre destin car la mise en scène assez sage, le cadre d’une vie banale n’a rien de très accrocheur cinématographiquement parlant. Propos du cinéaste évoquant la réunion de trois courts métrages : « Pour autant, ces femmes ne veulent pas se passer des hommes, mais s’en affranchir dès que possible. Elles n’hésitent pas à les remettre à leur place ou à les désirer à leur façon. »

Et puis, petit à petit, on se laisse prendre par ces trois itinéraires de jeunes femmes libres. Dès le premier chapitre, on découvre ainsi une infirmière qui redécouvre la sensualité avec un malade plongé dans le coma. « Le personnage de ce premier chapitre s’inspire également d’une jeune femme que je connais, qui s’appelle aussi Douce. J’ai eu envie de mettre en scène un personnage qui se construit aussi en opposition à son prénom » souligne Sébastien Bailly.

En jeune femme voilée qui peut vivre, en respectant les conventions familiales, une vie amoureuse livre, Hafsia Herzi, jeune étudiante en histoire de l’art fascinée par « L’Odalisque » du Louvre, joue avec une grande justesse, sur le jeu des apparences, en évitant tout cliché sur le voile porté par les musulmanes.

Quant au dernier chapitre – et même si l’on se doute assez vite du déroulement de l’histoire – il croise habilement plusieurs thèmes : les tensions politiques, le jeu des conseillers de l’Élysée, la communication et une relation homosexuelle. Avec, en filigrane, la mémoire tragique du massacre des habitants de Tulle en juin 1944 par la division SS Das Reich qui venait déjà de commettre les atrocités d’Oradour. Conclusion du cinéaste : « Cette ville fait partie de ma géographie intime, j’ai grandi à proximité, et j’ai eu envie de mettre en scène ce territoire. Delphine (Anne Steffens) veut quitter la ville, aller à Paris, travailler à l’Élysée… elle étouffe. Il y a malgré tout quelque chose de burlesque dans son personnage, et une ironie dans cette visite de la ville qu’elle impose à Charlotte (Friedelise Stutte), la photographe allemande. Il est toujours difficile d’échapper aux clichés de sa propre ville, de son propre pays, ça nous colle toujours un peu aux pieds ! Lors de la déambulation dans la ville la nuit, avec une certaine fluidité, cette fois dans un trajet mené ensemble, comme si la ville leur appartenait, elles deviennent complices. »

Trois tranches de vie, trois portraits de femmes qui, au final, nous semblent très attachantes même si la réalisation demeure très classique et peine parfois à tenir un rythme de croisière.

 

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