GASPARD VA AU MARIAGE, d’Antony Cordier – 1h45
Avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret, John Heldenbergh, Guillaume Gouix et Marina Foïs
Sortie : mercredi 31 janvier 2018
À mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Après s’être tenu prudemment à l’écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l’annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps de la cérémonie, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l’ont vu grandir… Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n’a pas conscience qu’il s’apprête à vivre les derniers jours de son enfance.
Antony Cordier met, cette fois, le cap sur la famille après avoir ausculté le couple dans Happy Few et Douches froides. Mais, sa famille a tout d’une ménagerie avec des personnages extravagants en diable et une vie qui n’a rien d’ordinaire. Vivant dans le zoo, son père, volage en diable, s’immerge nu dans un aquarium de poissons pour soigner une maladie de peau; la sœur de Gaspard se promène avec une peau d’ours au milieu des bois… Et, dans sa jeunesse, le jeune Gaspard a inventé des trucs loufoques comme le parachute à bouchon de champagne. C’est dire !
Pour imaginer le père fantasque (le réjouissant John Heldenbergh), le cinéaste s’est inspiré de l’histoire du zoo de la Palmyre, Claude Caillé. Il raconte : « C’était un autodidacte d’origine modeste qui partait en Afrique capturer des animaux et les ramenait en France pour les montrer dans les écoles. Il a ensuite créé deux zoos : l’un est devenu le plus grand d’Europe et l’autre a périclité. C’était une personnalité locale flamboyante. Je me souviens de lui qui accueillait les visiteurs de son zoo avec des anecdotes extraordinaires : « Tiens, je vais vous raconter la fois où j’ai fait 200 km avec un gorille sur le siège passager… ». C’était vraiment le zoo comme réservoir à fiction, le zoo comme machine à fabriquer des images surréalistes ! (…)
Mais plutôt que de m’intéresser à la success story du plus grand zoo d’Europe, j’ai essayé d’imaginer l’histoire du zoo qui a périclité. Parce qu’on a tous l’impression de vivre la fin de quelque chose, non ? Comme Max. »
Pendant quelques jours, on découvre l’univers et les relations surréalistes, mais aussi tendres, de cette famille pas comme les autres, sous le regard décalé de la petite amie que Gaspard s’est choisi dans le train, pour les besoins de la noce et que campe avec un plaisir évident Lætitia Dosch. Les acteurs forment aussi une famille recomposée et celle de ce film est particulièrement bien
choisie -certains sont des habitués du cinéaste – tant il y a une belle harmonie dans le jeu.
Bien sûr, certains moments de ce conte moderne divisé en chapitre, sont un peu bancals, mais une chose est sûre : on quitte cette famille loufoque avec un peu de regret car elle
est attachante et il y a quelques séquences d’une grande drôlerie, ponctués de dialogues qui font mouche. Ainsi, quand, par la bouche du personnage incarné par Marina Foïs, on évoque la découverte de la sexualité en famille. « J’aime bien les choses scabreuses, c’est vrai, dit Antony Cordier, mais surtout j’aime bien qu’on n’en fasse pas tout un plat. C’est ce que dit le personnage de Marina Foïs : « Ça va pas menacer l’espèce ». Je voulais simplement évoquer la façon dont l’éducation sensuelle se fait au sein de la famille, dans une forme de promiscuité embarrassante dont il faut savoir se dégager à un moment »
Un ton, un rythme et un style revigorant.

