FRANCE McDORMAND, UNE FEMME EN COLÈRE

Après avoir cartonné aux Golden Globes, 3 Billboards : les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh arrive au cinéma le 17 janvier. L’occasion de retrouver une femme et une actrice forte : France McDormand.

Le sujet de 3 Billboards : les panneaux de la vengeance (troisième film de Martin McDonagh) s’appuie sur les sentiments forts Neuf mois après le viol et le meurtre de sa fille Angela, Mildred Hayes (Frances McDormand) n’en peut  plus d’attendre les résultats d’une enquête bâclée. Terrassée par la douleur, en colère, elle fait  poser trois grandes affiches dénonçant l’inefficacité de la police. Postés à l’entrée de la petite ville d’Ebbing, lesdits panneaux accusateurs vont provoquer une série de réactions en chaîne de la part des habitants et de la police locale. Martin McDonagh a écrit ce film sur-mesure pour France Mc Dormand le personnage de Mildred Hayes. D’abord réticence à jouer ce personnage – elle avait alors 58 ans – la comédienne s’est finalement laissée convaincre par son mari, le cinéaste Joel Coen, qui lui a lancé : « Tais-toi et fais-le ! »

Tourné à Sylva, une petite ville montagnarde de l’ouest de la Caroline du Nord, ce drame permet à la comédienne de montrer, une fois encore, la palette de son jeu. Arborant un bandana dans le film – un clin d’œil du cinéaste à son film préféré où De Niro en porte un, Voyage au bout de l’enfer –  Frances McDormand s’est totalement impliquée à dans le tournage.C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de porter la même combinaison tous les jours, comme un uniforme. « Elle ne pense jamais à son bon profil ou à son look, juste à jouer vrai, » dit Martin McDonagh. Pour l’actrice, l’essentiel est de travailler au plus près la psychologie d’un personnage et de partager une histoire forte, touchante avec le public. « Ce qui m’attire, ce sont les femmes qui portent une colère rentrée » dit-elle.

En recevant le Prix de la meilleure actrice lors de la cérémonie des Golden Globes, il y a une dizaine de jours, Frances McDormand a manifesté son soutien aux femmes en se mettant au diapason d’une soirée à la tonalité très militante. Et elle a ainsi soutenu le mouvement Time’s Up, créé par 3 000 professionnelles de l’industrie du spectacle instaurant un fond pour soutenir les victimes de harcèlement. «Je ne parle jamais de politique mais être dans cette pièce est extraordinaire. Les femmes que vous voyez ici ne sont pas là pour le buffet mais pour travailler et se faire entendre»,  a t-elle lancé.

Vingt ans après avoir eu son premier Oscar pour sa prestation dans Fargo, le thriller de Joel Coen, Frances McDormand est bien partie pour rafler la mise une deuxième fois cette année. Il reste, en attendant le verdict, à découvrir ce film qui est aussi la description d’une Amérique étriquée et raciste. Une autre manière, symbolique,  de signifier à l’incroyable  Donald Trump qu’il n’est pas le maître du monde.

 

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