PA-CHATS TURCS !

KEDI- DES CHATS ET DES HOMMES, de Ceyda Torun – 1h20

Documentaire -Musique originale : Kira Fontana – Montage : Mo Stoebe

Sortie : mercredi 29 décembre 2017

À mon avis : 3 sur 5

Le pitch ?

Depuis des siècles, des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, mi sauvages, mi domestiqués – et apportent joie et raison d’être aux habitants. Kedi raconte l’histoire de sept d’entre eux.

2 raisons d’y aller

L’amour des chats. Il faudrait être blindé pour ne pas succomber aux charmes de ces matous stambouliotes qui évoluent dans la plus grande métropole de la Turquie en toute liberté et presque en toute impunité. Au gré de ses errances organisées, la caméra nous fait découvrir des chats au caractère bien trempé qui occupent un territoire qui à Karaköy, qui à la Tour Galata ou qui encore à Cihangir, des quartiers aussi pittoresques que différents d’Istanbul. Pour Ceyda Torun, cette passion des chats remonte à loin : née dans cette ville avant de suivre sa famille dans le monde entier, elle a passé ses jeunes années parmi les chats au grand dam de sa mère qui craignait de la voir attraper la rage. Pour construire son histoire, elle a aussi choisi de croiser la route d’hommes et de femmes qui aiment les chats. Explications : « Le critère de sélection des « humains » était l’éclairage qu’ils pouvaient donner sur leurs relations avec les chats. Nous avons choisi des personnes ordinaires, rencontrées dans la rue, sélectionnées aussi parce qu’elles connaissaient un chat en particulier et avaient noué avec lui une relation. Nous nous sommes entretenus avec ces « experts », en fonction de leurs domaines d’activités. Nous avons interviewé de nombreux artistes, des musiciens, des philosophes et des professeurs de tous horizons : tous étaient des amoureux des chats et en conséquence, avaient un regard unique sur eux. »

Le portrait aussi d’une ville symbolique. Outre la prouesse technique – l’équipe a trouvé bien des trouvailles, notamment une voiture télécommandée transformée en caméra – ce documentaire est aussi (surtout) le portrait d’une ville ouverte sur le monde, et une ville de passage comme tous les ports, de Marseille à Barcelone en passant par Gênes.

Loin des images d’Épinal sur la ville, de l’obligatoire promenade touristique sur des sites aussi célèbres qu’incontournables, ce doc donne à voir un autre Istanbul, celui de tous les métissages, de toutes les rencontres entre l’Asie et l’Europe. Un creuset de cultures depuis la nuit des temps. Et alors, ce documentaire prend une toute autre ampleur, l’air de rien.  Ceyda Torun commente : « Beaucoup de Turcs ont fait des documentaires sur Istanbul d’autres sortent encore actuellement, et à chaque fois, la ville est montrée de manière simpliste. On retrouve toujours les cinq mêmes angles de vue sur les mosquées, le pont du Bosphore ou le Grand bazar. Istanbul est bien plus que cela et je voulais partager cet aspect de la ville avec d’autres personnes. Rappeler aussi aux Stambouliotes à quel point leur ville est belle. Ils sont si occupés qu’ils ne la voient plus. »

Avec Kedi, Istanbul, au ras des pavés devient chat-crément belle et insolite… Et ce documentaire a tout pour réunir petits et grands au cinéma pour un documentaire qui peut toucher à plusieurs niveaux. En juillet 2017,  IndieWire a élu ce film comme étant l’un des 25 meilleurs documentaires de ce début du 21° siècle, aux côtés de Amy et de I’m not your negro. Une vraie curiosité de Noël.

 

 

 

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