SOUTENIR MOHAMMAD RASOULOF !

Alors que son dernier film, Un homme intègre, sort sur les écrans le 6 décembre, Mohammad Rasoulof est un cinéaste iranien en sursis. Courir voir son dernier opus est une manière de le soutenir.

Vilipendé par la presse gouvernementale en Iran, Mohammad Rasoulof a signé avec Un homme intègre un film contre la corruption régnant dans son pays. Le cinéaste a souhaité évoquer le sujet de la corruption, un problème auquel il a déjà été confronté dans sa jeunesse lorsqu’il fut arrêté un soir sans raison par des policiers qui lui ont fait comprendre qu’ils le relâcheraient en échange d’un pot-de-vin. Comme son film avait été retoqué par la censure, le cinéaste prenait des risques en le présentant au dernier Festival de Cannes où, qui plus est, il a remporté le prix Un Certain Regard. Déjà sous le coup d’une précédente condamnation qui était en suspens, Mohammad Rasoulof a pourtant passé outre.

Le cinéaste a même pu rentrer dans son pays sans problème, ce qui l’a étonné. Et il a repris son bâton de pèlerin pour présenter ce film à l’étranger. Quand il est rentré des États-Unis le 16 septembre dernier, il a pourtant été arrêté, on lui a confisqué son passeport et les autorités ont ouvert un dossier contre lui, accusé « d’atteinte à la sécurité nationale » !  Et il risque six ans d’emprisonnement.

Le cinéaste a commenté : « Certes, je ne suis pas enfermé, mais je peux être appelé à n’importe quel moment pour ma nouvelle convocation. Cela limite ma liberté de mouvement. » Et, bien sûr, d’expression, même s’il continue de s’exprimer via les réseaux sociaux.

Refusant de coopérer avec le régime, de se taire ou de s’en aller, Mohammad Rasoulof symbolise la liberté des artistes dans un Iran aux allures de prison ouverte. C’est pour ça qu’il faut aller rapidement et en nombre découvrir cet Homme intègre, l’histoire d’un homme et une femme qui, comme le dit le réalisateur,   » se retirent dans une zone éloignée, vivent de la pisciculture, et finissent par s’identifier à ce même environnement corrompu qu’ils avaient choisi de fuir. Les structures sociales corrompues, au pire, écrasent l’individu, au mieux, font de lui un des maillons de la chaîne de la corruption. Un autre choix est-il possible ? » Par son comportement, Mohammad Rasoulof a l’air d’avoir idée de la réponse…

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