ZOMBILLÉNIUM, d’Arthur de Pins & Alexis Ducord – 1h16
Film d’animation
Sortie : mercredi 18 octobre 2017
À mon avis : 3 sur 5
Dans le parc d’attraction Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité…
Tout change à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, bien déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret.
Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir…
Et s’il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?…
Avec son premier long métrage, Arthur de Pins adapte sa propre bande dessinée, publiée dans le journal de Spirou en gardant le style graphique et une élégance qui est son image de marque. Une aventure dessinée qui a commencé en 2008 quand le rédacteur en chef du magazine lui a demandé de signer les couvertures Spirou spécial Halloween. Récit de l’auteur : « Alors là je tombe des nues… et j’ai répondu « oui ». Parce que déjà ça me faisait mar- rer, et en plus les monstres, c’est-à-dire les vampires, les zombies, les loups-garous, c’est un truc que j’aimais bien quand j’étais adolescent. Après, tout ce qui est fantastique, c’était un univers que j’avais laissé tomber depuis mes études, mais je me suis dis « pourquoi pas ? ». J’ai donc fait une couverture où on voyait tout un tas de monstres qui étaient en train d’enterrer le lecteur. Fred a adoré et m’a proposé d’en faire un album ! »
L’idée de tirer un film d’animation de ses BD a pris un certain temps car plusieurs producteurs étaient
tentés mais n’ont pas trouvé les arguments artistiques pour convaincre Arthur de Pins. Cette fois, il a plongé avec Alexis Ducord en partant d’un clip/pilote nous « permettant de montrer graphiquement, visuellement à quoi le film pouvait ressembler. » Le groupe Skip the use qui était en train de faire un clip a accepté d’être du voyage. Et sur Youtube, le pilote a comptabilisé plus de 4 millions de vues.
Après plusieurs phases pour le scénario, le duo a finalement conçu le scénario d’un film qui joue avec les codes du genre, et en s’amusant à décrire les classes sociales à travers la vie des équipes de ce parc, et
surtout en suivant le personnage d’Hector, un chômeur qui trouve, dans ce lieu, l’occasion de reprendre pied sur le marché du travail et n’a rien d’un super-héros basique. Arthur de Pins poursuit : « Il sauve le parc avec les zombies, c’est-à-dire les monstres moches que Gretchen appelle à un moment « les monstres de série Z ». Au début du film, elle est sous le charme de Steven, le leader charismatique des vampires et pense qu’il faut faire un parc recentré sur eux, « branché » quoi. Heureusement, elle va changer d’avis. Il y a donc les vampires d’un côté et de l’autre les monstres « moches », de « séries Z » un peu « ringards ». D’où le problème du parc qui n’attire plus grand monde au début du film. »
Rythmé, coloré en diable et avec des personnages qui ne peuvent laisser indifférent dans ce décor de parc d’attraction coincé dans un paysage de champs plats et lugubres, près d’une petite ville endormie très typique de l’Île-de-France, Zombillénium est une manière tonique de plonger dans l’univers d’Halloween.
Les trois volumes de la saga qui a inspiré le film sont disponibles aux Editions Dupuis.


