LA FEMME ET LE SANGLIER

VA, TOTO !, de Pierre Creton – 1h34

Avec Ghislaine Paul-Cavalier, Vincent Barré, Pierre Creton (et les voix de Françoise Lebrun, Jean-François Stevenin, Rufus)

Sortie : mercredi 4 octobre 2017

À mon avis : 2 sur 5

Le pitch ?

L’arrivée de Toto le marcassin chez Madeleine, le voyage de Vincent en Inde et ses démêlés avec les singes, ou les rêves de Joseph provoqués par la machine à pression continue.Trois histoires que va partager Pierre et qui convoquent d’une manière ou d’une autre notre rapport à l’animal, à cet autre prochain.

Et alors ?

Voilà un film étrange, un Ovni qui est né directement du quotidien de Pierre Creton dont la voisine Madeleine a découvert un jour un marcassin mort, car sa mère avait été tuée par les chasseurs. Pour autant, le réalisateur a dû être patient avant d’arriver à ses fins. Commentaires : « Il faut revenir vingt ans plus tôt : ma rencontre avec Madeleine, mon désir de la filmer et son refus. A l’arrivée de toto, soudain, elle me propose de filmer. Or filmer toto, c’était aussi filmer Madeleine, c’était une manière de satisfaire ce désir ancien. Ce que j’aime bien, et ce n’est pas la première fois que cela arrive, c’est de partir d’une demande. Comme si le film ne venait pas de moi, mais d’elle. Je filme à son invitation, vingt ans après son premier refus. Cette longue attente me plaît, elle rejoint la notion de territoire : il faut de la patience, de l’observation, laisser les choses advenir selon leur rythme et leur circulation. Y compris celle des animaux, car c’est bien l’arrivée subite de toto qui a tout déclenché. »

Jouant sur plusieurs formats, avec la caméra qu’il avait sous la main,  au cours d’un tournage planifié presque au jour le jour (sauf la partie indienne bien sûr) , Pierre Creton parvient à nous faire partager au plus près le quotidien de Madeleine, belle femme un brin excentrique, qui s’est pris d’une passion pour ce marcassin qui la suit comme un banal animal de compagnie.

Bande annonce « Va, Toto ! »

Conduisant son récit par le biais des voix intérieures des protagonistes – on reconnaît ainsi celles de comédiens reconnus – le cinéaste  nous promène de continent en continent (de la France à l’Inde) et de parcours intime en parcours intime. On découvre ainsi le quotidien d’un paysan voisin auquel le réalisateur sert de réveille matin car il est gêné par son appareil respiratoire, conséquence d’une apnée du sommeil, et l’histoire évoque  aussi une relation homosexuelle entre deux seniors.

Indéniablement, il y a une petite musique attachante dans ce film qui est l’œuvre d’un artisan. Pour autant, l’objet final souffre d’un manque d’unité et nous perd un peu dans des détours amoureux qui semblent bien éloignés de la belle histoire de la vie de cette vieille dame indigne et de son marcassin ou de la passion de Vincent pour les primates. Ce qui finit par nous laisser sur notre faim, tant on aurait aimé en savoir – encore – plus sur Madeleine, qui est une femme aussi passionnante qu’attachante.

À signaler : la parution de Va, Toto !, de Pierre Creton,

un récit en forme de prolongement du film chez Post-Éditions

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