LE NOUVEAU CRI D’ALARME D’AL GORE

UNE SUITE QUI DÉRANGE – LE TEMPS DE L’ACTION, de Bonni Cohen, Jon Shenk – 1h40

Documentaire

Sortie : mercredi 27 septembre 2017

À mon avis : 3 sur 5

 

Al Gore with Climate Reality Project’s Hal Connolly, Ken Berlin, and Rodne Galicha and trainees at the 31st Climate Reality Leadership Corps Training in Manila, Philippines

Le pitch ?

Grâce à Une vérité qui dérange (2006), l’opinion publique avait été largement sensibilisée aux dérèglements climatiques. Dix ans plus tard, la suite du  documentaire marquant nous montre que nous sommes en passe de vivre une véritable révolution énergétique. Infatigablement, l’ancien vice-président Al Gore poursuit son combat, sillonnant la planète pour former des adeptes de la cause climatique et tenter d’influencer la politique internationale en matière d’environnement. On découvre Al Gore en coulisses, dans des moments de sa vie privée et lors d’apparitions publiques, tour à tour drôles et poignants. Car si les enjeux n’ont jamais été aussi vitaux, les dangers liés au changement climatique peuvent être surmontés grâce à l’ingéniosité et à l’enthousiasme des êtres humains.

Al Gore avec le Premier ministre canadien à la Conférence climatique de Paris en 2015.

Et alors ?

Les esprits chagrins diront que c’est un documentaire à la gloire d’Al Gore. Il est vrai, la caméra ne quitte pas d’un pouce les pérégrinations de l’ancien vice-président américain dans le monde entier pour former des ambassadeurs de la défense de la cause climatique, faire du lobbying auprès des politiques et des décideurs et toucher le public le plus large possible.

Cela dit, on mesure, dans ce nouveau documentaire, combien Al Gore a du mérite à se battre contre vent et marées et grandes entreprises mondiales pour préserver, s’il en est encore temps, l’avenir de la planète car, on le sait, l’heure est grave pour l’écologie. Et 2016 a été par exemple l’année la plus chaude depuis le début des relevés de températures, marquant le troisième record annuel d’affilée de chaleur. Récemment, les inondations de Houston ont montré comment les phénomènes climatiques extrêmes ne deviennent plus l’exception.Autre signe inquiétant : en mars 2015, le taux de CO2 dans l’air a dépassé le seuil critique de 400 ppm. Pour retrouver un tel niveau de gaz carbonique, il faut remonter à une époque antérieure à l’apparition de l’homme sur la Terre ! Selon les chercheurs, il faudrait faire redescendre le taux de CO2 au- dessous de 350 ppm pour éviter les conséquences les plus extrêmes de la crise climatique. Malgré ces alertes,  en 2016, 81% de la production énergétique mondiale provient de combustibles fossiles…

Al Gore en train de mesures les ravages du réchauffement de la planète au Groenland.

D’où l’importance de ce documentaire où, des glaces du Groenland à la  conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques, on suit Al Gore dans son combat écologique. Ainsi on  assiste à ses étonnants échanges téléphoniques pour modifier le vote des autorités indiennes. Et, tout au long, du doc, les deux réalisateurs multiplient les informations sur l’état de la planète. « Les gens ont soif d’informations sur les événements en cours, les raisons pour lesquelles ils se produisent et quelles solutions on peut apporter » souligne Al Gore.

Bien sûr, ce film-pamphlet fait état du séisme provoqué par la décision de Donald Trump de sortir de l’accord de Paris en mai dernier. Touché mais pas coulé, Al Gore note : «  L’élan suscité par les entreprises, les industries, les investisseurs, les élus locaux et les gouverneurs ne va pas s’arrêter, quelles que soient les décisions du nouveau gouvernement. »

Ce documentaire montre bien que, pour Al Gore, un revers, même d’importance, ne doit pas conduire au désespoir mais à reprendre la bataille de plus belle. Et à passer à l’action une fois de plus.

On peut retrouver bien des infos sur les actions menées par Al Gore sur

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