Quatre fois Gollum dans Le Seigneur des anneaux, deux fois le suprême leader Snoke dans La Guerre des étoiles, une fois King Kong et aujourd’hui chef du peuple simiesque dans La Planète des Singes, Suprématie, de Matt Reeves : Andy Serkis est le roi de la composition.
Roi de la « motion capture », ce maquillage digital, créateur d’un studio spécialisé, Imaginarium, Andy Serkis est l’acteur qui se dissimule derrière des personnages les plus imaginaires. Cette fois, il retrouve la dégaine de César, le chimpanzé qui est au cœur du troisième volet
inspiré de la saga de Pierre Boule, sur les écrans le 2 août. Élevé seul avec les humains avec lesquels il se sent en empathie, il est devenu le leader du peuple des singes. Et, dans ce volet de la saga, la guerre dure depuis trois ans et un incident transforme le singe en machine à se venger… César va prendre alors en charge son peuple pour le conduire vers une espèce de Terre promise.
Né le 20 avril 1964 à Londres, Andy Serkis retrouve donc pour la troisième fois un univers qui lui est familier, lui qui peut marcher dans la rue sans être assailli par les fans, malgré le tabac des films auxquels il a participé, mais sous bien des apparences les plus étranges. Avec César, elle est désormais virtuelle car le singe a été créé par la « motion capture ».
Exit les accessoires – poils, masques… – désormais le comédien a des points lumineux placés sur le corps et sur le visage, il enfile des armatures pour rallonger ses bras et lui donner une allure simiesque et, une fois la scène tournée, ces points lumineux sont des repères et les ordinateurs habillent son personnage de chef des singes. « Le résultat, dit-il, c’est que les expressions de mon visage ne sont pas déformés par un masque en carton. Le travail de l’acteur est plus gratifiant. »

Pour Andy Serkis, se déguiser de film en film fait partie intégrante du job et il évoque l’exemple de son acteur préféré, Lon Chaney. Il souligne : « Dans les années 20, il a joué plein de rôle, Blizzard dans « Satan », Erik dans « Le Fantôme de l’Opéra », et personne ne connaissait son visage. C’est magnifique ! » Pour autant, le comédien a dû subir des moments pénibles sur ce tournage : porter des poids pour alourdir ses jambes et modifier sa manière de se déplacer ou tourner en extérieur au Canada avec un froid glacial. Et, comme les autres comédiens, il a dû s’immerge dans le « camp singes ». De fait, l’acteur et chorégraphe Terry Notary a organisé ce « camp singes », ainsi surnommé par l’équipe. Dans ce lieu, les comédiens se sont immergés dans l’univers des grands singes, apprenant à se déplacer et à se comporter comme eux. Présents ou non dans les premiers volets de la série, tous les acteurs se sont ainsi adaptés à la nouvelle réalité de leurs personnages, qui se tiennent de plus en plus droits, s’éloignant ainsi de leur état sauvage. Une manière aussi de montrer qu’ils portent un regard neuf sur le monde.
Pour Andy Serkis, l’avenir du cinéma passe notamment par ces techniques de « motion capture », bidouillées ensuite sur ordinateurs. « C’est libérateur », dit-il. Actuellement, il réalise Le Livre de la jungle dans lequel Christian Bale incarne la panthère Bagheera. Une chose est sûre : le comédien britannique qui fut tenté par une carrière d’artiste-peintre a trouvé d’autres motifs pour s’adonner aux mystères de la composition.

