L’HOMME QUI A « KROCKÉ » McDONALD’S…

THE FOUNDER

LE FONDATEUR, de John Lee Hancock – 1h56

Avec Michael Keaton, Nick Offerman, John Carroll Lynch, Linda Cardellini

Sortie : mercredi 28 décembre 2016

Je vote : 3 sur 5

128537Le pitch ?

Dans les années 50, Ray Kroc rencontre les frères McDonald qui tiennent un restaurant de burgers en Californie. Bluffé par leur concept, Ray leur propose de franchiser la marque et va s’en emparer pour bâtir l’empire que l’on connaît aujourd’hui.

Les plus et….

D’une façon romancé mais construite sur un vrai travail d’enquête, ce film raconte l’histoire de Ray Kroc, un personnage dont le nom n’est pas vraiment connu mais qui est derrière la formidable expansion de l’empire McDonald’s. Modeste commercial, et gars un peu raté, l’homme a racheté en 1961 – il avait 58 ans- la chaîne de restaurants McDonald’s aux frères Richard et Maurice McDonald’s pour en faire le gigantesque empire actuel. Il est mort en 1984 à 81 ans.  Pour restituer le climat d’une époque, John Lee Hancock s’est entouré de collaborateurs habituels déjà à son côté pour Rêve de champion par exemple. Et, pour trouver le style visuel du Fondateur, le directeur de la photo, John Schwartzman,  s’est inspiré des illustrations d’Hopper et de la photo de Gordon Willis dans Klute, lequel utilise l’espace et des éclairages au fort contraste pour accompagner le message principal du film. John Schwartzman souligne : « J’adore les thrillers paranoïaques de Willis et Pakula, dit-il. Ils étaient très beaux sans chercher à séduire. »  De fait, l’équipe a même construit sur des parkings les restaurants McDonald’s à l’ancienne car aucun établissement ne correspondait à la vision du film souhaité par le cinéaste.


500032Incontestablement, le résultat est là et Le Fondateur restitue parfaitement le climat d’une époque et cette Amérique des années 50 avec les vieilles bagnoles, les drive in, les tenues cintrées des femmes… Et puis, il y a Michael Keaton qui se glisse avec un brio certain dans le costume de ce vendeur capable de tout faire, y compris de trahir ses anciens associés, pour construire son rêve et devenir riche et célèbre. Au départ, c’était Tom Hanks qui était prévu pour le rôle et Keaton l’a récupéré après son refus, or c’était exactement l’inverse qui s’était produit pour le tournage de Philadelphia. Keaton souligne : « La première fois que j’ai entendu parler du projet et lu le scénario, je me suis demandé pourquoi personne n’avait eu l’idée de raconter cette histoire jusque-là. C’est une histoire emblématique de l’Amérique qui parle du capitalisme. »

… les moins

Certes, le film est construit après un long travail de documentation, certes les acteurs sont parfaitement dans le tempo et face à un Michael Keaton toujours très à l’aise, les rôles dits secondaires, sont très bien distribués. De Laura Dern qui joue la parfaite épouse américaine qui vivre le divorce comme une claque à Linda Cardellini qui incarne à merveille la jeune femme ambitieuse jusqu’au bout de son brushing impeccable. Quant au duo des deux frères McDonald, figures symboliques d’un capitalisme familial et soucieux du bien public, il est parfaitement campé par John Carroll Lynch et Nick Offerman. Et pourtant, il manque à la réalisation soignée du film un grain de folie qui captive le spectateur et l’entraîne dans la folie de Kroc, prêt à tout pour ne pas rater cette fois un business juteux, quitte à trahir ses anciens associés. Finalement, il aurait fallu amputer l’ouvrage d’une dizaine de minutes pour lui redonner le rythme qui lui manque.

Enfin, l’opus ressemble un peu trop à une hagiographie d’un homme qui n’était pas, après tout, aussi sympathique que ça et d’une forme de panégyrique d’une marque aujourd’hui mondialement connue.

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