PERSONAL SHOPPER, d’Olivier Assayas – 1h45
Avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz
Sortie : mercredi 14 décembre 2016
Je vote : 4 sur 5
Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité. C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu. Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…
2 raisons d’aller découvrir ce film ?
Une mise en scène inspirée. Au départ, ce film est né d’un échec : Olivier Assayas devait tourner un long métrage au Canada, annulé la veille du tournage. Il a aussitôt commencé à écrire cette histoire sur une page blanche. De manière inconsciente, est née alors cette histoire d’une jeune femme qui veut entrer en contact avec Lewis, son frère jumeau, qui a succombé à l’affection cardiaque dont elle est, elle-même, atteinte. Evoquant les mannes de Victor Hugo et de son Livre des tables, où le patriarche faisait état de ses séances de spiritisme, Assayas signe un thriller dont le fantastique devient de plus en plus flippant au gré des séquences, sans pour autant tomber dans la moindre caricature. Ainsi l’apparition de l’esprit est d’une grande poésie visuelle. Si les séquences avec un Victor Hugo incarné par Benjamin Biolay n’apporte rien de bouleversant à son film, tout le reste de l’opus mérite l’argument le prix de la Mise en scène, récolté au dernier Festival de Cannes.
Une actrice hitchcockienne. De bout en bout, le film est porté par une Kristen Stewart magnifique et qui promène sa silhouette de jeune femme mystérieuse tout au long de ce voyage intérieur. C’est la première fois qu’on se dit qu’une actrice de cette génération aurait été parfaite dans un film d’Hitchcock. Car, la sobriété de son jeu, la grâce de ses déplacements, permet au spectateur de vibrer à son côté, de suivre Maureen victime de ses propres démons. L’actrice raconte : « Je voulais que l’on ressente que Maureen est une jumelle, à la recherche d’une complémentarité perdue avec son frère mort. Je l’ai donc imaginé avec un look très simple, presque androgyne. Son apparence reflète aussi son rapport amour/haine avec le monde de la mode. Le choix des vêtements fut donc très important. En ce qui concerne la préparation du film, je ne lis le scénario qu’une fois, et je refuse de le relire car je veux découvrir les scènes chaque nouveau jour du tournage. Je n’ai rien eu de particulier à apprendre pour ce film. » Comme à l’accoutumée, Olivier Assayas n’a pas manqué son casting ce qui confère à l’histoire
une vraie profondeur. Ainsi avec Lars Eidinger et surtout Anders Danielsen Lie, un acteur dont chaque apparition ne peut susciter le moindre commentaire banal.
Film d’une métamorphose, Personal Shopper est un film qui montre, une fois de plus, la facilité qu’a Olivier Assayas de se glisser dans les univers les plus variés, nourrissant ses plans de références discrètes à bien des genres cinématographiques. Et là, le démon lui va bien…


