ARÈS, de Jean-Patrick Benes – 1h20
Avec Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières, Louis-Do de Lencquesaing
Sortie : mercredi 23 novembre 2016
Je vote : 3 sur 5
Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses dix millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra-violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en œuvre pour les sauver : elle et ses filles.
2 raisons d’y aller ?
Une certaine vision du futur. La bonne idée de Jean-Patrick Benes, c’est d’avoir imaginé un contexte de crise profonde où Paris est envahi de laissés-pour-compte, traqués par la police, et où les politiques ont baissé les bras tandis que les grandes compagnies tirent les ficelles de l’économie. C’est la crise espagnole et grecque qui a inspiré le sujet au réalisateur qui imagine : « Une France qui rejoint le cortège des nouveaux pays pauvres, un Etat en faillite avec quinze millions de chômeurs, encore plus de SDF dans les rues, une urbanisation chaotique, des multinationales qui rachètent la dette de l’Etat, prennent le pouvoir et changent les lois… »
Ainsi dans une capitale où les SDF ont envahi le Champ de Mars, où la quête d’un emploi est prétexte à tous les sacrifices, et où le dopage est devenue la règle, les multinationales dirigent la société avec un cynisme qui n’a d’égal que leur morgue et le mépris des laissés-pour-compte comme le prouvent les séquences de réunions entre actionnaires.
Un casting musclé. Old Rapace fait une prestation sans failles dans le rôle de ce combattant prêt-à-tout pour tirer sa sœur des griffes des autorités. L’acteur suédois a pris 15 kilos de muscles pour ce film et s’est remis aussi au français. C’est le champion du monde ju-jitsu, Vincent Parisi, qui l’a enfin entraîné pour être le plus crédible possible sur le ring. Il met son physique au service d’un réalisateur qui filme les scènes de baston à la manière du cinéma asiatique et qui confie : « Je voulais quelque chose de dur, proche du combat de rue ou bare knuckle (du combat de boxe mais sans les gants de boxe », confie-t-il. Côté second rôle, on repère Micha Lescot qui campe un travesti touchant ou encore Hélène Fillières, en flic qui joue double jeu.
Même avec des moyens réduits, et même si le réalisateur aurait pu éviter certaines complaisances et certains gros plans dans les scènes violentes, Jean-Patrick Benes parvient, ce qui n’est pas courant dans le ciné français, à signer un film de science-fiction qui a une certaine allure et l’univers global du film, dans une atmosphère nocturne et polluée, tient ses promesses. Avec des images captées à Shenzhen,, Shanghai (pour la ville du futur), à Kiev durant la révolution de février 2014 (pour des rues en pleine crise) et, bien sûr Paris, Arès est plutôt une agréable surprise.


