THEEB, LA NAISSANCE D’UN CHEF, de Naji Abu Nowar – 1h40
Avec Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh
Sortie : mercredi 23 novembre 2016
Je vote : 3 sur 5
Péninsule Arabique, 1916, sous l’occupation britannique.Dans un campement bédouin, au coeur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s’invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d’un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance…
Ce qui touche dans ce premier film ?
Les amateurs d’aventures, de grands espaces et de désert seront servis en découvrant ce premier flm de Naji Abu Nowar qui signe ici une espèce de western jordanien. Clin d’œil pour les cinéastes, Theeb a été tourné dans les décors du Wadi Rum situés au sud de la Jordanie, déjà immortalisés sur grand écran par David Lean et son Lawrence d’Arabie.
En langue bédouine, « theeb » signifie « loup » : dans cette culture, cet animal est considéré comme une sorte de divinité. Pour prouver sa valeur, un homme doit accomplir des exploits dans des domaines tels que la chasse, la guerre ou la politique. Alors, il a l’honneur d’être surnommé « Theeb ». « Vous êtes considéré comme quelqu’un de courageux et de rusé, comme quelqu’un qui peut réaliser l’impossible. De ce fait, le prénom Theeb est répandu chez les Bédouins, comme d’autres noms d’animaux respectés, l’aigle, le faucon et le lion. Ainsi, hériter du nom Theeb à la naissance, c’est devoir assumer une certaine grandeur », souligne Naji Abu Nowar.
Ce qui est intéressant dans ce drame, c’est que l’arrière-fond politique n’est clairement explicité, même si le film plonge dans l’époque mouvementée de la Grande Révolte arabe et de la fin de l’Empire ottoman. Et c’est astucieux car ce que le spectateur en perçoit se fait par truchement du jeune « héros » du film qui a été élevé loin de la société dans cet univers austère et magnifique de sable et de canyons asséchés.
Proposant une double lecture – la survie face aux poursuivants et la quête d’un père, fût-il un tueur – ce récit d’une expédition, qui repose sur des dialogues économes et efficaces, nous tient en haleine. Et la tension dramatique, constante et bien menée de séquences en séquences, est servie par une mise en scène qui, si elle n’a rien de révolutionnaire, est aussi solide que claire. Et, outre le jeune acteur principal très convaincant, les autres comédiens, dénichés parmi les membres d’une communauté bédouine, confèrent une grande authenticité à cet inattendu film d’aventures. Le tout étant accompagné par une belle musique originale signée Jerry Lane.

