L’INVITATION, de Michaël Cohen – 1h30
Avec Nicolas Bedos, Michaël Cohen, Camille Chamoux, Gustave Kervern
Sortie : mercredi 9 novembre 2016
Je vote : 3 sur 5
Le pitch ?
En plein milieu de la nuit, Léo réveille son meilleur pote, Raphaël. Sa voiture est en panne, à une heure de Paris. Hors de question pour Raphaël d’y aller… jusqu’à ce que la femme de sa vie le pousse hors du lit. Arrivé sur place, il découvre qu’il n’y a aucune panne mais du champagne, des amis et une fête improvisée… Léo a fait un test à l’amitié. Et si une amitié, une existence entière ne dépendait que de cette seule question : « Tu te serais levé, toi, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ?
Et alors ?
Adapté d’une bande dessinée de Jim et Dominique Mermoux, le scénario du nouvel opus de Michaël Cohen ne tient qu’à un fil : celui de l’amitié. Et de sa mise à l’épreuve par une bande de trentenaires, la plupart installés dans la vie mais qui se cherchent encore. Commentaires de Michaël Cohen : « Je me suis aperçu que cette BD m’intéressait, m’amusait et me touchait parce qu’elle aborde un sujet qui me passionne depuis toujours : le couple. Le couple dans son accep- tion la plus large, pas seulement, donc, le couple amoureux. « L’Invitation » racontant l’histoire de deux copains en mal de preuves d’attachement l’un à l’autre, j’ai eu l’impression que leur histoire me concernait, m’interrogeait sur mon propre rapport à l’amitié et que je ne serai pas le seul dans ce cas… »
L’air de rien, le film touche à bien des thèmes : la force de l’amitié, les névroses familiales, l’engagement amoureux, le passage à l’âge adulte… Et, de séquence en séquence, ce film nous amène à nous questionner sur nos propres relations amicales et notre comportement en société. Tout à fait dans le tempo du film, Nicolas Bedos campe un Léo idéal, aussi flamboyant que caustique : la scène où il
fait croire à ses copains qu’il est malade est un beau numéro d’acteur.
Quant à Michaël Cohen, il joue avec justesse un Raphaël qui est tout autant sous le charme de cet ami envahissant qu’en colère face à son aura. Il y a aussi un sens du dérisoire dans ce récit, le tout nimbé d’humour noir comme dans la fête de… divorce qui est un joli pied-de-nez aux cérémonies du mariage et qui jettent une lumière crue sur les conventions sociales.
Cette fable fine et grinçante sur l’amitié dégage une petite musique des plus touchantes.
