TREIZE FEMMES DANS LE PIEGE DE GAZA

DÉGRADÉ, d’Arab et Tarzan Nasser – 1h23

Avec Hiam Abbass, Victoria Balitska, Manal Awad

Sortie : mercredi 27 avril 2016

Je vote : 3 sur 5

Degrade_photo_1.2.25__c__Les_Films_du_Tambour_Le_Pacte_01Le pitch ?

Une famille mafieuse a volé le lion du zoo de Gaza et le Hamas décide de lui régler son compte ! Prises au piège par l’affrontement armé, treize femmes se retrouvent coincées dans le petit salon de coiffure de Christine.  Devenu survolté le temps d’un après-midi, ce lieu  est le cadre de confrontation des personnalités étonnantes et hautes en couleur, de tous âges et de toutes catégories sociales…

2 raisons d’aller voir ce film ?

Un portrait audacieux de la société de Gaza. Pour construire leur scénario, Arab et Tarzan Nasser se sont inspirés d’un fait divers qui a ensanglanté la vie de Gaza en 2007. A l’époque, il y eut une intervention militaire du gouvernement du Hamas pour neutraliser Degrade_photo_1.3.7__c__Les_Films_du_Tambour_Le_Pacte_01une des familles armées les plus influentes de Gaza. Comme dans le film, elle avait  volé un lion pour le montrer et affirmer son pouvoir. Récupérer le fauve avait provoqué un bain de sang.  Avec courage, les deux cinéastes montrent ainsi à travers le huit clos de la vie d’un salon de coiffure – où les affrontements extérieurs sont suggérés par une bande son tonitruante – comment la corruption est au cœur de la vie des Gazaouis. Le film est engagé mais pas dans un seul sens. Aux yeux des réalisateurs, le film  » n’entend pas uniquement se concentrer sur l’occupation israélienne mais aussi sur nos propres démons, notre propre identité. Qui sont les femmes palestiniennes ? Qui sont les Gazaouis ? Comment vivent-ils ? À quoi pensent-ils ? Quel est leur quotidien ? En tant que cinéastes, notre travail s’inspire de la tragédie et de l’absurdité qui se sont abattues sur la Palestine, et, tout particulièrement, sur la bande de Gaza, afin d’alerter au mieux les consciences collectives sur les conditions de vie aberrantes de notre société. »
Un portrait de femmes qui résistent. Certes, le choix de ces treize femmes réfugiées dans un salon de coiffure peut paraître un brin caricatural avec la droguée, la femme divorcée amère, le jeune mariée, la religieuse, et pourtant il a du sens dans une société patriarcale où les femme doivent subir une double épreuve : celle de la présence israélienne et celle d’une communauté machiste. Commentaires des cinéastes : « Nous pensons que les femmes ont un rôle à jouer dans notre société plus important que les hommes et qu’on ne leur accorde pas suffisamment de place. Du coup, nous avons réuni treize archétypes de femmes différents : une bourgeoise, une religieuse, une étrangère qui a fini par apprécier Gaza et par s’y installer, et d’autres encore. En venant au salon de coiffure, elles sont dans un havre de paix dédié au plaisir et à la beauté, mais le contexte environnant va vite les rattraper. »

Degrade_photo_1.2.29__c__Les_Films_du_Tambour_Le_Pacte_01

Alors certes, le film souffre de quelques imperfections, d’une approche sociologique un peu illustrative, il n’en demeure pas moins que, sur le ton d’une certaine comédie, il fait passer un message et offre un premier coup de projecteur sur la vie à Gaza. A découvrir donc.

Laisser un commentaire