PUNKS CONTRE NAZIS !

GREEN ROOMGREEN ROOM, de Jeremy Saulnier – 1h35

Avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, Macon Blair

Sortie : mercredi 27 avril 2016

Je vote : 2 sur 5

Quezako?

Au terme d’une tournée désastreuse, The Ain’t Rights, un groupe de punk-rock, accepte  de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… Alors qu’ils retournent dans leur loge après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de son gang de skinheads. Encerclés par cette milice lourdement armée et déterminée, les rockers terrifiés se replient dans les coulisses. Survivre devient donc leur seule préoccupation.

GREEN ROOMEt alors ?

Bonne idée sur le papier du scénario d’opposer un groupe de punks, moins durs  qu’ils ne le paraissent, à un gang de skinheads américains fascinés par le nazisme et dirigé par un chef charismatique que campe avec une belle froideur Patrick Stewart, un sadique au sang froid.

Remarqué  en 2013 par son Blue Ruin, très réussi, Jeremy Saulnier se lance cette fois dans un film d’épouvante qui tourne vite gore. Le tout en puisant son inspiration dans la réalité. Il raconte : « Entre l’histoire de ces groupuscules néo-nazis et les photos d’archives des attaques de pitbull, la recherche que j’ai faite pour ce film me hantera à vie. Ce qui est encore plus perturbant, c’est que ce film est plus d’actualité que jamais. Ces néo-nazis ne sont pas des monstres fictifs ou définitivement hors d’état de nuire : ils disséminent une idéologie qui prospère dans le monde entier en 2015. »

Avec un tel arrière-plan idéologique, le scénario aurait pu être nettement plus fouillé et le film pointer plus nettement du doigt certaines dérives. Mais on sent que Jeremy Saulnier a plus soigné une mise en scène de l’action, notamment dans les lieux confinés de cette lugubre boite de nuit. Avec parfois une caméra très lourde quand il s’agit de filmer la violence. Ainsi, on a du mal à croire que le personnage  – bien campé au demeurant par Anton Yelchin-  puisse tenir le coup alors que son bras a été lacéré à coups de cutter et sa main presque arrachée.

GREEN ROOM

In fine, l’exercice peut alors sembler un peu vain, et la violence gratuite et destinée à capter un public d’ados en mal de sensations. C’est d’autant plus dommage que les comédiens jouent avec une belle constance ce récit dont les images peuvent choquer certaines personnes. Enfin, il faut souligner que la bande musicale du film, solide, accompagne bien cette descente aux enfers de ces enfants du punk.

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