VOLTA A TERRA, de João Pedro Plácido – 1h28
Documentaire avec Daniel Xavier Pereira, Antonio Guimarãest
Sortie : mercredi 30 mars 2016
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
A Uz, hameau montagnard du nord du Portugal vidé par l’immigration, subsistent quelques dizaines de paysans. Alors que la communauté se rassemble autour des traditionnelles fêtes d’août, le jeune berger Daniel rêve d’amour. Mais l’immuable cycle des 4 saisons et les travaux des champs reprennent vite le dessus…
Et alors ?
Pour réaliser son premier film, João Pedro Plácido s’est inspiré d’un monde qu’il connaissait bien, même si famille a vécu à Lisbonne. Dans ce village perdu du nord du Portugal, ses parents vivaient et sa mère est née et les vacances étaient pour le jeune garçon l’occasion de renouer avec les racines familiales. Pour lui, suivre ce jeune paysan dans sa vie quotidienne, dans sa quête amoureuse aussi, est une manière de montrer les relations profondes qu’entretiennent ces hommes avec la terre, la nature et les animaux. « C’est un vrai échange qui s’y produit : ce que les gens prennent à la nature, ils finissent par le lui rendre. Il y a une symbiose, qui me semble être le bon équilibre à atteindre entre l’homme et son environnement. Je pensais que le cinéma était le meilleur médium pour enregistrer cette réciprocité. J’ai toujours été passionné par la vie des Indiens d’Amérique, des peuples premiers en Afrique, ils représentent pour moi l’acceptation de la condition humaine, un peu comme chez les habitants de Uz », confie-t-il.
Même si l’on n’est pas très porté sur cette description tranquille d’un monde bucolique, on ne peut rester insensible au personnage de Daniel, un jeune rural au physique burlesque et qui sait dire les priorités de sa vie et montrer le respect qu’il éprouve pour les anciens.
Sans chercher à délivrer un message politique attendu, mais en lorgnant plutôt du côté des cultures indiennes, le réalisateur essaie alors simplement de montrer aux citadins que la plupart de nous sont devenus, ce qu’ils doivent à cette culture ancestrale et à la terre. S’il y a message, il est délivré avec une vraie finesse et une non moins évidente douceur.
Pour la petite histoire, le cinéaste a projeté son doc aux habitants de la ville. Il raconte : « Ils ont parlé dans la salle et ont dialogué avec l’écran, comme dans un cabaret. Ils étaient tellement heureux et fiers de se voir dans un film. Ce fut un moment de rare émotion et d’une très grande intensité. Les gens pleuraient, riaient… La palette des émotions ne pouvait être plus vaste… » L’émotion est aussi palpable pour un spectateur – nombreux – qui ne connaît rien à ce coin du Portugal.


