L’ENFANT CUBAIN RÉVOLTÉ

CHALA, UNE ENFANCE CUBAINE, de Ernesto Daranas – 1h48

Avec Alina Rodriguez, Silvia Aguila, Yuliet Cruz

Sortie : mercredi 23 mars 2016

Je vote : 3 sur 5

chala2Quezako ?

Jeune cubain, malin et débrouillard, Chala est livré à lui-même. Elevé par une mère qui lui témoigne peu d’amour, il prend soin d’elle et assume le foyer. Il rapporte de l’argent en élevant des chiens de combat. Ce serait un voyou des rues sans la protection de Carmela, son institutrice, et ses sentiments naissants pour sa camarade Yeni…

chala6Et alors ?

Ce n’est pas qu’un film sur un enfant en mal de repères et les crises d’adolescence. C’est aussi le beau portrait d’une enseignante qui a la foi de son métier chevillée au corps. Né à la Havane en 1961,  Ernesto Daranas raconte des destins croisés dans ce récit qui a sa ville natale, le chala3charme de ses vieilles rues mais aussi des cadres plus délabrés comme décor. Il raconte : « Ce projet est né d’une collaboration avec un groupe d’étudiants de la Faculté des médias audiovisuels de l’ISA de la Havane. Ils ont eu une part active dans le travail, le choix du thème, l’enquête parallèle pour le script, et la sélection des enfants du film. C’est le résultat d’un travail effectué, articulé sur un ensemble de préoccupations personnelles. Cela m’a étonné que, malgré notre diversité et la différence d’âge, nous soyons autant d’accord sur les questions de difficulté de la formation et de l’éducation, particulièrement dans les milieux marginalisés. L’éducation est d’une importance primordiale pour tous les pays. La société que nous aurons dans le futur se décide en fonction de la formation, comment elle est structurée et sur quels critères elle se base. »

chala5Le cinéaste a eu du mal à dénicher le comédien jouant Chala. Et il a failli ne pas opter pour Armando Valdes Freire, d’abord écarté d’un casting au long cours car le garçon ne savait pas nager. Confidences du cinéaste : « Il est vrai qu’il y avait d’autres enfants très talentueux qui semblaient plus logiquement correspondre au personnage, mais lui évoluait jour après jour. Cela a été une décision difficile à prendre parce que pour la plus grande partie de mon équipe, il n’était pas l’enfant que nous recherchions. Mais pendant le tournage, j’ai compris que j’avais fait bon le choix. »

Quant à l’actrice qui campe joliment cette enseignante dévouée, il a fait appel à une grande actrice cubaine, Alina Rodriguez, décédée d’un cancer l’été dernier. Elle donne à ce mélodrame pétillant de vie une indéniable épaisseur humaine. Une belle leçon de vie.  Le week-end dernier, le film a reçu le Grand Prix du Festival 2 et celui d’interprétation masculine a été décerné à Armando Valdes Freire.

Laisser un commentaire