A PERFECT DAY, de Fernando León de Aranoa – 1h45
Avec Benicio Del Toro, Tim Robbins, Olga Kurylenko, Mélanie Thierry
Sortie : mercredi 16 mars 2016
Je vote : 4 sur 5
Quezako ?
Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre : Sophie (Mélanie Thierry), nouvelle recrue, veut absolument aider; Mambrú (Benicio Del Toro), désabusé, veut juste rentrer chez lui; Katya (Olga Kurylenko), elle, voulait Mambrú; Damir (Fedja Stukan) veut que le conflit se termine; et B (Tim Robbins) ne sait pas ce qu’il veut.
Et alors ?
Un peu à la manière de No Man’s Land, en 2001, ce film évoque la situation des intervenants pacifiques, des humanitaires dans les guerres civiles. Commentaires du réalisateur : « Le film porte sur ceux dont la mission délicate consiste à mettre de l’ordre dans le chaos. Il raconte leurs tentatives quotidiennes pour mener une guerre à l’intérieur d’une autre – une guerre contre l’irrationnel, contre le découragement. Contre leur désir irrépressible de rentrer chez eux. »
Après son réjouissant Les Lundis au soleil, plongée dans une Espagne confrontée au manque de travail, Fernando León de Aranoa décrit les errances d’un petit groupe d’humanitaires, embarqués dans deux 4×4, qui doivent extraire le corps jeté dans un puits d’eau potable sans corde. Se faisant, le groupe se heurte aux aléas techniques comme à la bureaucratie militaire et aux groupes paramilitaires locaux aux comportements de mafieux.
Dans cette satire réjouissante sur la guerre des Balkans, la mise en scène rythmé souligne l’ironie du propos et l’insolite des situations. Non sans, au passage, montrer la réalité dans sa cruelle vérité, notamment dans la séquence où le groupe conduit le jeune garçon chercher son ballon dans la maison familiale dévastée par la guerre. De séquence en séquence, le réalisateur montre bien l’absurdité de la situation. Il commente : « La première victime de tout conflit armé est le bon sens. Ce qui explique peut-être le fait qu’ils effectuent des allers-retours en voiture sur ces étroites et labyrinthiques routes de montage, à la recherche d’une issue qui n’existe sans doute pas… » Symboliquement, les séquences où le groupe doit tenter le tout pour le tout en franchissant l’obstacle d’une vache crevée sur la route – souvent les miliciens installent des mines -montrent bien l’absurdité de la situation.
Et puis, l’histoire est portée par un casting parfait. Benicio Del Toro et Tim Robbins forment un duo parfait dans ce récit qui mélange humour et drame. Quant à Mélanie Thierry, elle révèle une espèce de fragilité forte dans une composition où on ne l’imaginait pas. Une comédie grinçante à souhait et tout à fait réussie.


