Steve McQueen : The Man and Le Mans est un documentaire signé Gabriel Clarke et John McKenna, sur les écrans le 4 novembre, qui raconte ce qui fit vibrer le comédien : la course automobile. C’est aussi l’histoire de la production d’un film qui coûta cher à la carrière de McQueen, qui a brûlé sa vie avant de mourir à 49 ans seulement.
Trente-cinq ans après la mort de Steve McQueen, le documentaire retrace l’histoire d’amour entre le célèbre acteur Steve McQueen et la non moins célèbre course automobile des 24 heures du Mans. Quand il décide, alors au sommet de sa gloire, de tourner un film se déroulant au cœur de la course : Le Mans. « Son projet pour « Le Mans » était une aventure visionnaire. Il voulait explorer des contrées que personne n’avait visitée avant lui. Être en même temps, producteur, acteur et pilote. Utiliser toutes les technologies pour donner un sentiment d’immersion, un peu comme « Gravity’ l’a fait récemment avec l’espace. Il plaçait des caméras sur les voitures – une révolution à l’époque – pour atteindre le cœur de ce maelström« , souligne John McKenna.
Malheureusement, ce projet auquel rêvait l’acteur depuis le début des années 60 va connaître bien des écueils. Après avoir vu d’autres films sortir sur le même thème, comme Virages avec Paul Newman, en 1969 – le producteur-acteur doit faire face à une succession de scénaristes, à des coûts qui grimpent, à l’accident d’un pilote, David Piper, qui perdit une jambe dans un accident… et à la valse des réalisateurs. C’est finalement, un cinéaste pâlot qui sera au générique, Lee H. Katzin et, il faut l’avouer le film n’est pas à la hauteur des rêves de McQueen et sera un vrai flop. Et le comédien sera même absent à la première du film.
Si l’acteur continue de tourner notamment avec Peckinpah dans le très réussi Guet-Apens, il ne sera jamais réalisateur et continuera de vivre à belle vitesse jusqu’à ce qu’un cancer du poumon l’abatte au début des années 80.
Prévu au départ pour être un documentaire télévisuel, cet opus sort sur grand écran quatre ans plus tard. Pour obtenir un film le plus riche possible, les deux réalisateurs ont fait le tour de l’Europe pour rencontrer un grand nombre d’intervenants qu’ils avaient listés préalablement. Et ils ont filmé sans discontinuer les 24 heures du Mans en 2014 en faisant même venir le fils de Steve McQueen. Par chance, l’équipe est parvenu à mettre la main sur plus de trois heures de vidéo d’époque, centralisées autour du tournage du film et le fils de l’acteur a même déniché les rushes originaux du tournage qu’il croyait disparus.
Bref, le doc retrace le rêve d’un artiste fasciné par la vitesse et qui disait : « Seule la course vaut d’être vécue. Pendant le reste de son existence, on ne fait qu’attendre. »
