SANGUE DEL MIO SANGUE, de Marco Bellocchio – 1h45
Avec Roberto Herlitzka, Pier Giorgio Bellocchio, Lidiya Liberman
Sortie : mercredi 7 octobre 2015
Je vote : 2 sur 5
Quezako ?
Au 17ème siècle, Federico veut réhabiliter la mémoire de son frère, un prêtre séduit par une nonne, sœur Benedetta. A cette fin, il se rend à la prison-couvent de Bobbio, où, accusée de
sorcellerie, elle est enfermée. Benedetta l’ensorcelle à son tour. Elle est alors condamnée à la perpétuité et emmurée vivante. Au même endroit, des siècles plus tard… Federico, un inspecteur ministériel, frappe à la porte du couvent, transformé depuis en prison, puis laissé à l’abandon. Il découvre que le lieu est habité par un mystérieux comte, qui ne sort que la nuit.
Et alors ?
Il faut bien le dire : le nouveau film de Marco Bellocchio est déroutant en diable, mêlant plusieurs époques et plusieurs registres, du film de sorcellerie à celui plus attendu de vampire avec un étrange personnage de comte qui marche comme s’il glissait sur les pierres. C’est dans la ville d’Emilie Romagne où, lors d’un atelier-cinéma il a découvert son étrange couvent-prison, que le cinéaste a eu l’idée du scénario. Confidences : « Ma motivation profonde était de vouloir revenir de façon indirecte et« transfigurée » sur une histoire tragique qui a marqué ma vie, en l’occurrence la mort de mon frère jumeau que j’avais déjà racontée dans Les yeux, La Bouche mais avec de fortes influences inconscientes qui avaient finalement nuit au film. Ici, une histoire datant de 1630 m’a donné la liberté nécessaire pour revenir sur ce même thème sans qu’il ne soit « persécuté » par mon histoire personnelle, tout en demeurant dans un cadre qui m’est familier, Bobbio, et qui a permis une coexistence spatiale et temporelle des images. »
Le problème du scénario, c’est qu’il part dans tous les sens sans que le spectateur ne ressente une véritable colonne vertébrale. On a un peu de mal à se repérer entre le procès de sorcellerie, bien mené avec la description de la violence faite à la jeune femme, les anathèmes lancés par les religieux contre le suicide, à ces errances nocturnes d’un comte dans une ambiance de film de vampires, ponctué de références à des fêtes bourgeoises dans une atmosphère de luxe surannée. Tout cela finit par perdre son monde, même si, dans certaines séquences, Bellocchio sait créer un univers au ton personnel. Et l’histoire finit par sembler un brin longuette.


