FOU D’AMOUR, de Philippe Ramos – 1h47
Avec Melvil Poupaud, Dominique Blanc, Diane Rouxel
Sortie : mercredi 16 septembre 2015
Je vote : 2 sur 5
Quezako ?
En 1959, coupable d’un double meurtre, un homme est guillotiné. Au fond du panier, la tête du mort évoque les évènements qui l’ont condamné à mort. Et pourtant, tout allait bien pour ce curé admiré, magnifique amant…
Et alors ?
Si Philippe Ramos s’est inspiré du drame du curé d’Uruffe, son scénario prend quelques vraies libertés avec le fait-divers original. » Après avoir changé l’ensemble des noms des protagonistes et des lieux, j’ai laisse aller mon imaginaire : dans la réalité, le jeune victime n’était pas aveugle, le curé n’a pas été guillotiné… » En utilisant le cadre champêtre de ce bourg perdu, il recrée habilement l’atmosphère d’une époque avec ces dames en manque de sensualité, la bourgeoise du coin qui séduit cet étrange prêtre, succombant facilement au péché de chair. Philippe Ramos poursuit : « A partir d’un contexte historique ou social, je cherche avant tout à creuser l’intimité des êtres humains, à mettre l’homme à nu, à peindre ses désirs, sa folie. »
S’il parvient parfaitement à signer une galerie de portraits savoureux – avec notamment l’irruption des deux religieux campés par Jacques Bonnaffé et Jean-François Stévenin qui sont très drôles – le réalisateur se plante un brin en utilisant cette tête coupée dont la voix sert de fil conducteur à ce récit macabre. Cela semble plus un prétexte visuel (pas très réussi au demeurant) qu’un élément indispensable au récit.
Alors certes, Melvil Poupaud et Dominique Blanc signent deux compositions parfaites, certes la jeune Diane Rouxel apporte sa beauté troublante à ce récit, mais ce drame n’a rien, in fine, de bouleversant. Et le film qui aurait pu être une évocation des névroses du célibat imposé aux prêtres demeure bien sage.



