UN HOMME QUI SE MOUILLE

VINCENT N’A PAS D’ÉCAILLES, de Thomas Salvador – 1h18

Avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hajdi

Sortie : mercredi 18 février 2015

Je vote : 2 sur 5

Quezako  ?

poster_vincentVincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie dont il tombe amoureux.

Ce qui touche dans ce film ?

Thomas Salvador a concocté un bien étrange scénario où, l’évocation des pouvoirs de son « super-héros » sert de point de départ pour décrire un personnage un brin marginal qui vit de petits boulots en petits boulots, en consommant le minimum. Tout au long du récit, l’évocation des pouvoirs surnaturels de Vincent est prétexte à des éclairs poétiques où les ballades du personnage sont prétexte à filmer le calme apaisant de la nature, à peine troublé par une bande musicale très discrète, et des dialogues qui tournent à l’économie. « Peu importe d’où viennent les forces fantastiques de Vincent, ce qui compte est ce qu’il décide d’en faire et où cela le conduit. En deux mots, je préfère le cinéma du comment à celui du pourquoi ! »  souligne Thomas Salvador.C’est dans la description fine de l’errance de Vincent, construite sur la précarité, que le film touche le plus. De fait, l’évocation de son don aquatique devient un brin répétitif au cours du récit, même si le cinéaste sait, à la manière d’un Jacques Tati, napper son récit d’une atmosphère sinon burlesque du moins décalée. Il avoue d’ailleurs ses influences et déclare : « J’aime beaucoup les films de cinéaste dits burlesques, Keaton mais aussi Chaplin, Jacques Tati et d’autres encore. Ce qui me fascine chez eux, c’est leur croyante dans la mise en scène. Ils cherchent à ce que le rythme et l’énergie des séquences proviennent de l’intérieur même du plan, et non seulement du montage… »

VIO_4454recMais, in fine, malgré le jeu tout en sobriété de Thomas Salvador et ses qualités acrobatiques, malgré aussi la présence d’une douce sensualité de Vimala Pons – découverte dans La Fille du 14 juillet – le scénario n’est pas assez musclé pour nous passionner de bout en bout.

Laisser un commentaire