FRANK, de Lenny Abrahamson – 1h35
Avec Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal, Scoot McNairy et Michael Fassbender
Sortie : mercredi 4 février 2015
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Jeune musicien rêvant d’être une rock star, Jon croise le chemin d’un groupe de pop avant-gardiste à la recherche d’un nouveau clavier. Il devient vite le protégé de Frank, leur leader, aussi fascinant que mystérieux : il vit dissimulé en permanence
sous une grande tête en papier mâché. Entre phases de doute et éclats de créativité, rapports fusionnels et crises de confiance, l’enregistrement du premier album du groupe et les concerts les conduiront dans une véritable aventure humaine de l’Irlande jusqu’au Texas !
Et alors ?
Librement inspiré de la vie de Frank Sidebottom, ce personnage créé par le musicien britannique Chris Sievey, du groupe Sonorfbps – il avait inventé une tête en papier mâché lui permettant de se camoufler le visage autant dans sa vie privée que sur scène- ce film est une comédie poétique sur fond de création musicale qui plonge le spectateur dans les coulisses d’enregistrement d’un album mené par ce leader charismatique et mystérieux. Michael Fassbender raconte : « Je n’avais jamais entendu parler de Frank Sidebottom avant de lire le scénario, qui en plus de me surprendre en permanence m’a fait mourir de rire. Son humour un peu tordu, correspond au mien. Je me suis dit que si c’était une histoire aussi originale et plaisante à lire, le film en serait de même. »
Incontestablement, Lenny Abrahamson sait créer un univers onirique et décalé en filmant au plus près le parcours initiatique de Jon. Et bien sûr, il joue des parallèles entre cet artiste inclassable et le métier de réalisateur. Confidences du cinéaste : « Faire un film comme celui-ci est évidemment porteur d’ironie : une personne qui vit dans son propre monde tout en devant collaborer avec d’autres entretient beaucoup de liens avec ce par quoi passe un réalisateur.«
Si l’atmosphère du film peut susciter la curiosité, cette fable sur l’art et la créativité, dont le tempo est parfois fort lent, a de quoi en dérouter plus d’un, surtout si cet univers musical vous est étranger. Cela dit, la performance de Michael Fassbender vaut le détour et, en musicien, il joue bien le jeu en revenant à ses premières amours : à 17 ans, il était chanteur d’un groupe. Et il avoue avoir pris un vrai plaisir à passer derrière le micro : « Pour la scène où je chante « I love you all », je me suis surpris à voler des choses à Jim Morrison ou John Lydon selon les prises… J’ai toujours adoré la musique. Il y en a toujours eu autour de moi.«
