INTERSTELLAR, de Christopher Nolan – 2h50
Avec Matthew McConaughey, Jessica Chastain, Anne Hathaway, Michael Caine
Sortie : mercredi 5 novembre 2014
Je vote : 3 sur 5
Alors que la vie sur Terre touche à sa fin, un groupe d’explorateurs s’attelle à la mission la plus importante de l’histoire de l’humanité : franchir les limites de notre galaxie pour savoir si l’homme peut vivre sur une autre planète… Pour un ancien astronaute, devenu fermier, c’est le début d’une aventure au cœur des galaxies.
Ce qui surprend dans ce film ?
Dans ce film long et parfois un brin bavard, la nouvelle coqueluche d’Hollywood (la série des Dark Knight et Inception) signe un blockbuster de science-fiction qui tient la route et nous propulse à la suite des aventuriers dans cette quête de planètes habitables pour l’homme en dehors du système solaire, en passant par un « trou vert », une espèce de de tunnel à travers l’espace-temps, qui
permet de franchir des distances folles.
Pour Cooper, ce fermier ancien astronaute qui reprend du service, c’est le début d’une longue quête dans la galaxie. Commentaires de Matthew McConaughey pour évoquer sone personnage : « Je suis pilote, et c’était mon rêve. Je m’apprêtais à explorer l’univers et à errer là-haut. Et puis, je me suis retrouvé cloué au sol. D’abord, par les circonstances de la vie, autrement dit, la famille. Et ensuite, en raison de ce que le monde est devenu dans ce futur inventé par Chris et son frère [Jonathan Nolan, co-scénariste du film]. Il s’agit d’un avenir où non seulement l’exploration, l’invention et l’émerveillement n’ont plus leur place, mais où ils sont tout bonnement interdits. Désormais, on se contente de survivre pour éviter que l’espèce humaine ne disparaisse. Et c’est alors qu’on dit à mon personnage, ‘Il faut que tu redeviennes pilote. Et ce n’est pas tant pour concrétiser ton rêve – c’est surtout pour endosser une énorme responsabilité. Il faut que tu pilotes notre vaisseau’.
Habilement et s’appuyant sur les conseils de Marsha Ivins, qui a participé à cinq expéditions vers la station spatiale MIR , Nolan restitue à merveille l’atmosphère dans l’apesanteur. En prime, il s’est bien entouré pour créer des décors qui ne fassent ni trop futuristes, en utilisant notamment des éléments d’authentiques avions. Nolan souligne : « Ma priorité absolue, c’était d’éviter à tout prix d’insérer de manière gratuite des décors futuristes. Il s’agissait, pour l’essentiel, de s’inspirer des technologies actuelles qu’on a adaptées au fonctionnement des vaisseaux et à leur mode de pilotage ». C’est en Islande qu’il a trouvé les paysages idéaux pour y situer une des planètes du futur. Il ajoute : « Nous avons tourné là-bas car on y trouve les paysages sauvages dont nous avions besoin. J’avais le sentiment que plus les lieux où nous tournions étaient sauvages, plus l’atmosphère allait être réaliste ». Un tournage qui ne fut pas sans incidents et l’équipe a ainsi subi une belle tempête en Islande. Il y a encore quelques images fortes lors de l’atterrissage du vaisseau sur une planète envahie par la mer et qui doit affronter une gigantesque vague.
Là où le film échappe à l’exercice classique du blockbuster, c’est dans la description des relations humaines, familiales notamment, qui apporte à ce récit une touche écologique. En prenant son temps – et parfois beaucoup trop, il faut bien le dire – Nolan décrit bien les relations entre ce père veuf et ses deux enfants, et les enjeux de l’engagement de Cooper. Outre le thème de la trahison, le film évoque alors au cours de séquences fort spectaculaires celui de la transmission, du destin et de la mort des proches.
Efficace sur le plan de l’action, le film, malgré l’habileté de Nolan, n’évite pas les pièges du pathos – notamment avec le personnage d’Anne Hathaway qui a la larme facile ou avec la séquence des messages télévisés qui remontent le temps. On a vraiment alors du mal à ressentir des émotions parfois surlignées. Même si Mathew McConaughey , par la grande variété de son jeu, parvient à rendre Cooper attachant. Tout comme Jessica Chastain qui fait passer bien des émotions de la fille sans forcer le trait.
Avis aux amateurs de science-fiction même si la dernière partie dans une autre dimension peut en perdre plus d’un… Et manque parfois de logique : on se demande par exemple pourquoi Cooper n’a pas pris un coup de vieux quand il remet les pieds sur terre. Mais, il est vrai, visuellement, ce blockbuster a tous les atouts pour toucher un certain public, sans pour autant révolutionner le genre…




