NEIGES SANGLANTES

295822REFROIDIS, de Hans Petter Moland – 1h56

Avec Stellan Skarsgård, Bruno Ganz

Sortie : mercredi 24 septembre 2014

Je vote : sur 5

Quezako ?

Conducteur de chasse-neige, Nils est un homme tranquille, qui vient de recevoir le titre de citoyen de l’année. Quand son fils meurt d’une overdose, il réfute la version officielle et se lance à la poursuite des meurtriers devenant un justicier anonyme. Cela déclenche une belle guerre entre deux gangs rivaux qui se sont partagés le marché des stupéfiants.

 

Convaincant

En mettant au centre du récit le personnage d’un père décidant de se venger coûte que coûte – l’excellent Stellan Skarsgård qu’il avait déjà dirigé dans Un chic type – Hans Petter Moland signe un western nordique où la vengeance est vraiment un plat qui se mange froid. Avec une construction rythmée par ces meurtres qui font boule de neige, le cinéaste mêle une histoire de vengeance quasi chirurgicale – avec ces bancs-titres qui terminent chaque séquence – à un point de vue où l’humour noir est de rigueur. Il souligne : « La plupart des personnages de cette histoire représentent une source sûre d’humour. Ils ont une très faible connaissance de soi, ont des convictions extrêmes et absurdes ainsi que des visions infantiles du monde : ce sont des enfants avec des fusils… Jusqu’à ce qu’ils rencontrent quelqu’un avec une soif de vengeance qu’ils n’avaient encore jamais vu. Nils est un amateur : il n’opère pas comme un criminel habituel. Sans même le savoir, il entraîne les gangsters dans un monde qui leur est inconnu, un monde enjoué, bienveillant et inconscient. Là est la réelle menace. Une vie tranquille peut-être terriblement tentante quand on est un gangster. »

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Moins réussi

Si le film a reçu le Grand prix au dernier Festival du film policier de Beaune, il est un peu tiraillé entre cet humour et la violence et n’évite pas certains caricatures, ni certaines lourdeurs dans les dialogues. Ainsi le chef du gang norvégien, un beau gosse végétalien, surjoue parfois les séquences où sa violence naturelle surgit et fait craquer son enveloppe policée. Et les moments où il partage un jus de fruit vitaminés avec ses « employés » tombent un peu à plat.

Reste un vrai savoir-faire quand le cinéaste s’empare d’une séquence d’action, notamment dans le final digne d’un western ancien dans un décor féérique et immaculée. Mais les amateurs de genre ne bouderont pas leur plaisir…

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